2ème Partie
AGADIR
O ma ville natale !
O ma chère patrie
Tu n’es plus hélas que ruines et décombres
Le monde entier a entendu ton cri
Le cri de la mort
O jours tristes et sombres !Tes rues tes quartiers tes belles allées
Sont devenus un vaste cimetière
Où dorment sous leurs maisons écroulées
Des enfants, des parents, des familles entières.Tous les mots sont impuissants, sans valeur
Pour dire combien ta douleur est immense
Les gémissements les râles les pleurs
Se sont tus dans la ville du silence…Dans la ville aujourd’hui abandonnée
Sous son ciel bleu, son soleil éclatant
Qui fait étinceler toute
l’année La baie magnifique des heureux temps. Léon BENSUSSAN (1960 ) (3)
Les deux ponts qui reliaient Talborjt, le quartier le plus touché par le séisme, et le reste de la ville étaient restés intacts permettant la circulation des camions et véhicules. Le premier ravitaillement fut apporté à 7h du matin. Deux marmites remplies de café au lait chaud, des biscuits et du chocolat furent déchargées dans la cour de l’école Sainte-Croix. Le camion revint 1h après déchargeant cette fois une citerne de 500 litres d’eau.

En réponse à l’alerte donnée depuis Rabat, les principales villes du Maroc rassemblèrent le matériel nécessaire et le premier avion décolla de l’aéroport de Rabat-Salé vers 4h du matin. Un service d’accueil fut mis en place. Des tentes, des lits pliants ainsi que des brancards furent installés et l’infirmerie de la base française fut transformée en bloc opératoire.

Les premiers chargements de médicaments et de matériel chirurgical et sanitaire arrivèrent à l’aube par avion : médecins et infirmiers pour les soins aux blessés, marins et secouristes pour la recherche des victimes dans les ruines ainsi que des vivres pour les rescapés.Eclairée par le soleil, la ville offrait une vue désolante. Des rues entières étaient couvertes des débris des immeubles, des maisons étaient à moitié effondrées. Les services civils ainsi que les marins français réalisaient que le sauvetage serait rendu difficile car les moyens dont ils disposaient n’étaient pas suffisants. Des propriétaires d’entreprises agricoles et industrielles mettront à disposition des camions, du personnel et un outillage de pelles et de pioches.
Assistés par les ingénieurs et techniciens des travaux publics rescapés, les sauveteurs commenceront par déblayer les ruines des immeubles dont les plans étaient retrouvés dans les bureaux de l’arrondissement des travaux publics. Ils seront bientôt rejoints par les premières patrouilles de la police marocaine qui arrivaient de Marrakech. Des jeeps et des fourgonnettes remplies de militaires et d’officiers viendront renforcer les équipes déjà sur place.

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