Bloggers Unite - Blog Action Day

« Get Involved! - Soyez Impliqués ! » Tel est le thème de la journée proclamée par les blogueurs et blogueuses le 15 octobre 2007 sur l’environnement appelée “Blog Action Day”, lancée il y a deux mois.

Ce sujet nous a interpellés et il nous a paru responsable d’aborder le problème de l’urbanisation anarchique de notre ville et de ses conséquences sur les ressources naturelles qui ceinturent Agadir.

Si notre ville est en plein boom immobilier et connait un dynamisme spectaculaire en terme d’urbanisme, il faut bien dire que l’autre facette dévoile une réalité inquiétante. En effet elle pose actuellement de grands problèmes vis-à-vis de la sauvegarde et de la pérennité de l’une des espèces endémiques de sa région : l’Arganier.

Bloquée par la Kasbah au nord, l’océan à l’ouest et le Parc National de Massa au sud-ouest, Agadir se développe à l’est sur la plaine du Souss et au sud. Libre de tout obstacle naturel, Agadir et « sa banlieue » occupent aujourd’hui une superficie urbanisée de plus de 170 km². Une expansion non contrôlée qui s’effectue au détriment de l’Arganeraie.

La forêt d’Arganier occupe dans le sud-ouest du Maroc une superficie de 8283 km². A titre d’exemple, cela représente l’équivalent de la surface de l’Alsace. C’est une espèce d’une longévité de plus de 300 ans qu’on ne trouve qu’au Maroc.

Surnommé “l’arbre de la vie”, chaque partie de l’Argania Spinosa (L.) Skeels est utilisable et est une source de revenu et/ou de nourriture pour l’usager. Il constitue un espace socio-économique et environnemental d’une grande importance sur le plan local, régional, national et international et procure aux Soussis, au Souss et au Maroc des revenus et recettes directes et indirectes. Une ressource économique à réhabiliter et à promouvoir !

Lire aussi : Visite d’une coopérative d’huile d’Argane

600 ha sont perdus chaque année. Les principales raisons qui contribuent de façon drastique à la déforestation et à la dégradation de ce patrimoine mondial de l’UNESCO sont :

• La forte pression démographique, le développement « non » réglementaire des habitats et l’absence d’une gestion urbaine appropriée et d’un encadrement durable.

• La pratique des coupes de bois d’arganier « non » planifiée (pour ne pas dire illégale) causée par l’intensification de la production du charbon pour approvisionner, entre autres, les fours des hammams et des ferranes (boulangeries traditionnelles).

• La conversion des terres en des surfaces agricoles moderne à caractère capitaliste (irrigation, serres, insecticides, …).

• L’absence de mesures législatives fermes.

• Enfin les fortes variations climatiques que connaissent la région mais aussi la planète (Global Warming).

Les rares tentatives de transplantation de l’arganier ont enregistré des échecs dus aux troupeaux de caprins qui pâturent une grande partie de l’année se nourrissant des sous-bois. Un autre facteur est dû au manque de collaboration entre les gestionnaires et les chercheurs. La régénération de l’arganier se trouve ainsi bloquée par la destruction rapide des jeunes recrûs.

La situation actuelle est dramatique dans la plaine du Souss et seuls une planification du développement équilibrée, juste et durable et des programmes de gestion écologique intégrée permettront de sauver les lambeaux d’arganiers qui subsistent et de préserver quelques zones qui sont encore restées à l’abri de ces destructions.

A bon entendeur !


“Nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants.” (Saint-Exupéry)

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