L’agriculture qui représente 16% du PIB national est un secteur clé de l’économie marocaine, employant 40% de la population active et 80% de la population rurale.
La compétitivité limitée des produits marocains, le faible rendement des exploitations céréalières et le déficit hydrique qui se fait durement ressentir oblige les officiels à tirer la sonnette d’alarme. A titre d’exemple, le déficit hydrique de la région Souss-Massa-Draâ est de l’ordre de 260 millions de mètres cubes avec une nappe phréatique sujette à un rabattement très inquiétant.
Poussé par les premiers signes d’une grave pénurie en eau, l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II organise un atelier méditerranéen sur les nouvelles technologies de recyclage des eaux non conventionnelles dans les cultures protégées.
Atelier sur le recyclage des eaux non conventionnelles :
Une rencontre sous le signe du partage et de l’échange d’expérience et d’expertise dans le domaine de la gestion de l’eau se tiendra du 28 Avril au 1er Mai 2008, sous l’égide de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, en collaboration avec l’Union Européenne.

Plusieurs nationalités y seront représentées, dont les pays du bassin méditerranéen, certains pays européens (Allemagne, Belgique…) et de nombreux organismes internationaux : ICARDA (International Center for Agricultural Research in the Dry Areas), CIHEAM (Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes), AWC (Arab Water Council)…
Les objectifs de l’atelier :
- Mettre en avant les innovations en matière de dessalement d’eau de mer et de traitements des eaux usées
- Discuter des techniques de collecte des eaux de pluie et de l’impact positif d’une telle pratique sur la protection des réserves hydriques
- Mettre la lumière sur la nouvelle génération de serres économiques avares en consommation d’eau
- Revoir le cadre politique ainsi que les aspects institutionnels de la gestion de l’eau
- Proposer des Etudes de Cas…
Cette initiative fort louable est à imputer à l’Institut Hassan II, tout comme les messages forts envoyés par le Ministre de l’Agriculture lors du SIAM à Meknes.
Le Salon International de l’Agriculture au Maroc :
Le SIAM (du 23 au 28 Avril) est une vitrine qui expose aux 25 pays présents et aux 400.000 visiteurs attendus les atouts du Maroc en terme d’investissement et d’opportunités.

En plus d’être un espace de rencontre entre les entreprises nationales et d’éventuels partenaires internationaux, le SIAM espère insuffler une nouvelle dynamique au secteur agricole, en faisant face aux problèmes enclavant son développement et en relevant tous les défis d’émergence.
Motivé par la présence royale, M. Aziz Akhennouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime propose un long exposé sur la situation actuelle, que les journalistes qualifient de “message fort“, ainsi que son Plan Maroc Vert, détaillé, ambitieux, osé et onéreux, mais qui a le mérite d’être complet.
L’Agriculture marocaine : Vitale mais essoufflée
La précarité du secteur agricole marocain est loin d’être rassurante. Le Maroc dépend énormément d’une agriculture qui elle-même dépend des précipitations. L’adage est connu : bonne saison de pluie, année faste pour l’économie du Royaume.

Le rendement des exploitations est généralement faible, avec les trois quarts des terres agricoles ne dépassant par les 5 ha et une focalisation sur les céréales. Ajoutez à cela la rareté des ressources hydriques, et vous obtiendrez une faible représentabilité des produits marocains sur les marchés internationaux (mis à part quelques agrumes et primeurs), une situation peu enviable des petits agriculteurs, et une campagne beaucoup plus pauvre que la ville.
Le “Plan Maroc Vert” de M. Akhennouch :
M. Akhennouch profite de la présence du Roi pour marquer le pas et proposer un discours novateur. Son plan très bien ficelé, son argumentaire parfait et ses expressions choisies judicieusement séduisent la présence, allant des autres porteurs de portefeuilles ministériels aux technocrates purs et durs.
La mission de M. le Ministre n’était pourtant pas des plus aisées, puisqu’il ne demandait pas moins de 50 Milliards de Dirhams débloqués par les caisses de l’Etat, et un financement annuel à hauteur de 10 Milliards de Dirhams sur 10 années.
L’Etat devra en plus de cela libérer du foncier pour le proposer aux investisseurs (Terres Habous, Terres Collectives, Domaines…), et nous parlons là de quelques 700.000 ha ! Le Fond Hassan II mettra également la main à la poche, au côté d’un important démarchage international qui sera bientôt entrepris.
Le Maroc pourrait aisément séduire les investisseurs étrangers s’il sait bien se vendre, s’il étale tous ses atouts, s’il revoit la palette de ses productions et s’il met en avant sa nouvelle stratégie.
Mais la réussite du plan requiert également un suivi bancaire et une exécution forte, ainsi qu’une réforme institutionnelle. A cet effet, une agence nationale verra le jour pour mener à bien le projet et veiller au bon déroulement du Plan Maroc Vert.
Le plan touchera les deux classes d’exploitants en soutenant les plus petits (proposer des formations, les aider à se diversifier et lancer plusieurs centaines de projets sociaux dans les campagnes), et en orientant les investissements des plus grands pour leur assurer un développement durable.

Même la gestion de l’eau y passera, avec un projet de privatisation que Nareva, filiale de l’ONA, semble la plus proche d’empocher. Elle devra en contrepartie honorer ses engagements et effectuer plusieurs ouvrages et installations qui garantiront une distribution qui correspond le mieux aux besoins des différentes régions du Royaume.
De notre côté nous espérons que l’atelier d’Agadir portera ses fruits et permettra de lutter efficacement contre la désertification et l’exploitation hydrique irrationnelles.
Les orientations touristiques du Maroc et sa volonté d’intégrer l’espace rural dans sa stratégie de développement durable encouragent le Conseil Provincial du Tourisme de Chtouka Aït Baha à travailler conjointement avec le Ministère du Tourisme, dans le cadre d’une ollaboration qui s’est soldée par la mise en place du projet Pays d’Accueil Touristique (PAT).
Le projet PAT vise, entre autres, l’aménagement du littoral et la valorisation du patrimoine culturel et naturel de la région de Chtouka Ait Baha, faisant du tourisme une locomotive de développement. La création, deux ans auparavant, du CPT, présidé par M. El Mokhtar Najah, et l’ouverture d’un bureau à Biougra en mars 2008, sous la direction de M. Hassan Aboutayeb, vont dans ce sens.
La région de Chtouka Ait Baha peut se vanter de ses atouts qui répondent positivement aux attentes des touristes nationaux et internationaux à la recherche d’un patrimoine socioculturel et biogéographique endémique à l’Anti-Atlas marocain.
Le collectif des acteurs touristiques de la région met tous les moyens dont il dispose pour promouvoir la culture ancestrale et pluriséculaire véhiculées par les tribus berbères de la région, les souks et les coopératives féminines, les Igoudars (greniers traditionnels dont le plus grand de l’Anti-Atlas occidental résiste encore aux aléas du temps à Agadir Inoumar), les Kasbah du 11ème, l’artisanat et la gastronomie…
La nature n’est pas laissée de côté puisque l’accent a été mis sur l’agritourisme, les randonnées pédestres ou à dos d’animaux, la découverte de la palmeraie de Targua N’Touchka, du désert d’Aït Milek, du Parc National du Souss Massa…
Des initiatives qui visent à enrichir l’arrière pays d’Agadir et à compléter une destination qui dispose désormais d’une façade atlantique réputée et d’une autre montagnarde ne demandant qu’à être découverte.
Depuis la naissance de l’émission télévisée Challenger dans les locaux de la seconde chaîne nationale 2M en 2005, plusieurs participants représentant la ville d’Agadir ont accédé aux différentes étapes de la compétition, dont certains sont aujourd’hui à la tête d’entreprises prospères.

La liste complète des demi-finalistes rendue publique et la finale programmée pour ce vendredi 04 avril à partir de 9h30 (Heure du Maroc), nous revenons sur la candidate de la ville d’Agadir de cette année, Fatima Zahra Ourdane, ainsi que sur quelques lauréats des précédentes éditions : Meryem El Ouafi (2005), Mouna Touiti (2005) et Abderrahmane Tafraout (2005).

L’événement Challengers est à sa quatrième édition et réitère une fois encore son succès auprès des téléspectateurs. Organisé par 2M, l’émission consiste à choisir les projets les plus prometteurs et d’en garder les meilleurs pour la finale. Le public choisira ses lauréats et un prix du jury sera attribué selon l’originalité et la rentabilité estimée de chaque projet. Médiation, 2M, les partenaires financiers, les Conseils Régionaux d’Investissements, le Centre des Jeunes Dirigeants, la Confédération Générale des Entreprises du Maroc… parrainent chacun à sa manière ces graines de femmes et d’hommes d’affaires pour en faire les dirigeants de demain.
Les six finalistes de cette année sont Lala El Hoummaidi et Youssef Ghammad de Casablanca, Fatima Zahra Ourdane d’Agadir, Youness Serghini de Safi, Mohammed El Yaagoubi d’Oujda et Said Arsalan de Sidi Kacem.
Fatima Zahra Ourdane, âgée de 22 ans et originaire de Casablanca, a suivi ses études à l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion d’Agadir. Dans le cadre de son module de création d’entreprise, elle monte le projet “Au Vénus“, un bateau restaurant de deux étages, proposant des spécialités de poisson et offrant une vu panoramique sur la terrasse et un cadre chaleureux à l’intérieur.
Le projet porte aujourd’hui comme nom “Le Winch” et Fatima Zahra envisage de le développer pour en faire une grande chaîne de restaurants. La réussite de Meryem El Ouafi, dont le projet a été inauguré par M. Aziz Akhennouch lui-même est un exemple qui booste la confiance la jeune entrepreneuse.

Meryem El Ouafi a tout supervisé sur son projet, de la viabilisation du terrain désert à la sortie de la ville jusqu’à la décoration de son complexe baptisé Shem’s Ayour. Un lieu où il est possible de savourer la cuisine marocaine dans un cadre agréable, tout en découvrant une région constituant l’arrière pays d’Agadir. Des festivités peuvent également y être organisées, conférant à l’établissement une polyvalence très enviable. Meryem a tout simplement honoré la confiance du public qui l’avait choisi !
Mouna Touiti et ses circuits touristiques dans des caravanes tractées par 4×4 font un tabac dans la région. N’étant pas le plus original, son projet a le mérite d’enrichir considérablement la palette des services permettant de visiter la région du Souss et le Grand Sud marocain. La finition de ses caravanes, le soin avec lequel chaque véhicule a été préparé et le professionnalisme de la businesswoman qui a ègalement conquis Marrakech après Agadir laisse présager un avenir très prometteur pour le Maravane Tour !
Abderrahmane Tafraout a sûrement été le candidat le plus marquant de l’édition 2005, en proposant la production et l’exportation de fruits exotiques, et certains le sont drôlement ! Pépinos, Kiwanos, Fruit de la Passion, Pitaya et Tamarillo… Sans parler de son projet de production de Litchi, de Goyave, de Mangue et de Kumquat. Sa société Wenza dispose jusqu’à présent de près de 20 hectares d’exploitations agricoles sous serres. Un bon début pour le jeune entrepreneur agricole qu’il est !


Ceci pour ne citer que trois exemples de réussites ! Et pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient soutenir la jeune Fatima Zahra Ourdane, vous pouvez voter pour elle via SMS, ou l’encourager sur le Groupe Facebook : Le Winch.