En voyant sur le programme du Festival Timitar d’Agadir, Signes et Cultures, Nortec Collective presents : Bostish Fussible / Tijuana Sound Machine, il est très difficile de se faire une idée sur le style musical des artistes qui se sont produit sur la scène de la Place Bijaouane mercredi soir.
Venus tout droit de Tijuana, ville mexicaine aux frontières des Etats-Unis dont les yeux sont constamment rivés sur la région de San Diego en Californie, le Collectif est constitué de cinq musiciens à l’origine du Nortec.
Fussible (Pepe Mogt), Bostich (Ramon Amescua), Panoptica (Roberto Mendoza), Clorofila (Jorge Verdin) et Hiperboreal (PG Beas) réussissent le pari de fusionner le Norteñas du Nord mexicain, la Techno et l’Electro Américaine, dans un mélange étonnant et détonnant. Les sons électroniques se marient tellement bien aux trompettes et à l’accordéon et créent un rythme frénétique qui enflamme un public déchaîné.
Un pur plaisir de mélomanes, mais qui laisse des effets aux tympans !






Hamid Cheriet, connu du grand public sous le nom artistique Idir est l’un des premiers maghrébins à avoir sorti une chanson World à grand succès. Sa berceuse A Vava Inouva a été diffusée pour la première fois en Algérie en 1973, avant d’être enregistrée sur différents supports et devenir un grand classique de musical kabyle.
Les chansons d’Idir reprennent habituellement des sujets relatifs à l’amour, la culture amazighe, l’immigration, la tolérance, l’histoire… souvent accompagnés de guitare et de percussions. Elles font de lui un grand défenseur de l’identité berbère et une figure emblématique de la musique kabyle qui sort son dernier album intitulé La France des Couleurs en 2007.
Idir a tout simplement épaté la présence durant la soirée d’hier en parcourant une bonne partie de son répertoire. Des chansons que beaucoup connaissaient par cœur, abolissant ainsi les frontières entre algériens et marocains. En gage de fraternité, un cadeau a été offert à M. Hamid Cheriet par le Timitar, de quoi éradiquer toute rancœur entre les deux peuples frères.









Mardi soir s’est produit à la Place Al Amal le groupe folklorique Rekba de Zagora venu directement des oasis marocaines. Chorégraphiant des danses résumant la vie au sein de la communauté, les chants et les retentissements codifiés des tambours transportent le public très loin dans les profondeurs du Sahara oriental.
Amarg Fusion prennent le relais et jouent plusieurs nouveaux titres aux côtés de leurs plus grands succès. Je n’ai personnellement pas de remarque à faire sur la qualité de leur nouvel album Argan D’Oufgan, mais à en juger la liesse du public, le résultat est sûrement loin d’être décevant.
Youssou N’Dour et l’Etoile de Dakar a été la deuxième tête d’affiche de la soirée, et non des moindres puisqu’en plus d’avoir attiré toute la communauté sénégalaise, il permet à quelques uns d’entre eux de monter sur scène à ses côtés, créant un mouvement d’hystérie auprès des fans resté de l’autre côté. Une belle image de patriotisme artistique et culturel !
Lemchaheb (ou Lamchaheb, littéralement les flambeaux) accompagnent les couche-tard en dernière partie de soirée, rappelant aux nostalgique l’âge d’or marocain des groupes musicaux anticonformistes et novateurs. Visite guidée au cœur d’un patrimoine national !
Voici quelques premiers clichés sur cette première journée du Festival Timitar :






Et une vidéo qui passe en revu la programmation de cette soirée d’ouverture :