La Banque Mondiale et la Société Financière Internationale publient chaque année le rapport Doing Business qui dresse le classement de 181 pays (sixième édition) en terme d’opportunités d’investissement en se basant sur les délais et les estimations des coûts nécessaires à la création, l’exploitation et la fermeture d’une entreprise, les conditions du commerce transfrontalier et du paiement des taxes et des impôts par les entreprises… Sans prendre en compte la politique macroéconomique, la qualité de l’infrastructure, les fluctuations monétaires, les perceptions des investisseurs ou le taux de criminalité du pays étudié.

Le Maroc gagne cette année un point et se hisse à la 128ème place mondiale, mais pourrait faire beaucoup mieux. A titre d’exemple, Agadir est la ville où un litige commercial est le plus facile à régler avec une procédure qui n’y prend pas plus de 303 jours. Beaucoup moins qu’à Paris ou à Istanbul ! Et selon les indicateurs de Doing Business, la ville ainsi que sa région ont réalisé les meilleures performances en terme d’amélioration des conditions d’investissement, mais ne devraient en aucun cas s’arrêter en si bon chemin. Il reste beaucoup à faire pour pousser le Maroc dans les hautes sphères des destinations les plus intéressantes pour les capitaux étrangers.
Il est moins coûteux de créer une entreprise dans n’importe quelle ville marocaine qu’au Caire ou à Dubaï. Et en appliquant certaines réformes tout en adoptant de meilleures pratiques bancaires, fiscales et administratives, le classement mondial du Maroc pourrait gagner 16 places, ce qui le hisserait au 113ème rang, mieux que l’Algérie, le Brésil, l’Egypte ou l’Inde. Si Casablanca suivait l’exemple d’Agadir, le Maroc sauterait systématiquement au 51ème rang mondial !
Les réformes devraient revenir sur les impôts (28 taxes au Maroc contre une moyenne de 13,4 ailleurs) ainsi que sur les facilités administratives (procédures plus simples, durée et coûts d’exécution plus courts, multiplication des tribunaux de commerce et des guichets uniques pour les immatriculations d’entreprise et les permis de construire…), et devrait mettre en avant les atouts du pays tout en suivant de près le rythme d’autres pays comme l’Egypte ou l’Arabie Saoudite. L’Egypte qui a réduit de 80% le montant du capital obligatoire pour créer une entreprise et réduit de 193 à 72 jours le délai nécessaire pour transférer une propriété, très loin devant l’évolution très timides du Maroc ou l’absence totale de réformes en Algérie…
Les autorités marocaines ont beau essayé de combattre le piratage, le phénomène a tellement imprégné la société marocaine que la bataille ne semble pas du tout gagnée d’avance.
L’Office Marocaine de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC), le Bureau Marocain du Droit d’Auteur (BMDA) et la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) organisent pour lutter contre la “spoliation intellectuelle” la Caravane de la Propriété Intellectuelle.
La caravane sillonne dès le Samedi 26 Avril 2008 (Journée Mondiale de la Propriété Intellectuelle) 6 villes marocaines : Tanger, Fès, Rabat, Casablanca, Agadir et Laâyoune.
Au programme de chaque ville :
- Tanger, le 26 avril, une rencontre sous le thème : Innovation, Respectez la. En partenariat avec le Centre Régional d’Investissement de Tanger
- Fès, 19-20 mai, une rencontre sous le thème : Artisanat et Propriété Intellectuelle. En partenariat avec le Secrétariat d’Etat chargé de l’Artisanat
- Rabat, 22-23 mai, une rencontre sous le thème : Audiovisuel et Propriété Intellectuelle. En partenariat avec la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT)
- Casablanca, 28 mai, une rencontre sous le thème : Innovation Technique et Valorisation de la Recherche. En partenariat avec RD Maroc
- Agadir, 26 juin, une rencontre sous le thème : Protection des Produits du Terroir et Indications Géographiques. En partenariat avec la Région Souss-Massa-Drâa et le Centre Régional de l’Investissement d’Agadir (CRT)
- Laâyoune, 30 juin, une rencontre sous le thème : Savoir Traditionnel, Ressources Génétiques et Folklore. En partenariat avec la Chambre de Commerce, d’Industrie de Laâyoune
La caravane est chapeautée par le Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies et par le Ministère de la Communication et de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Toutes les personnes intéressées sont donc conviées à la rencontre du 26 juin qui se tiendra à Agadir.
Au siège de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (co-occupé par l’OFPPT) s’est tenue le 7 Mai dernier une rencontre entre différents acteurs économiques de la ville, à citer plusieurs Cabinets de Conseil, des représentants de la CGEM, de l’Association Nationale de la Promotion de la Petite et Moyenne Entreprise et Monsieur Khair Eddine Soussi, président de l’Union Régionale des Entreprises Marocaines du Souss-Massa-Drâa.
La rencontre se voulait un espace d’échange et de dialogue entre les “officiels” et les Cabinets de Conseil qui constituent le meilleur médiateur auquel pourrait s’allier la CGEM pour atteindre les entreprises de la région et booster leur compétitivité. L’idée première de cette table ronde était donc de créer le premier réseau régional du Maroc regroupant la Chambre du Commerce et de l’Industrie d’Agadir, le Centre Régional d’Investissement, les institutions bancaires… afin d’insuffler plus de dynamisme aux entreprises de la région, et cela à travers l’Information, la Sensibilisation et l’Etude des Besoins.

L’Association Nationale de la Promotion de la Petite et Moyenne Entreprise a convaincu l’Etat de débourser quelques centaines de millions de dirhams pour financer une mise à niveau générale, au sein des programmes “Imtiaz” et “Moussanada“. Malheureusement, seules 4% des fonds ont été alloués à des intéressés du Souss-Massa-Drâa, même s’il s’agit de la deuxième région économique du Royaume, contre 63% alloués à la région située entre Mohammedia et El Jadida.
Cette léthargie, qui se traduit par une compétitivité très limitée des entreprises soussies, ne peut être atténuée que par un rapprochement entre les consultants de la région, et leur intégration au sein du fameux réseau cité précédemment. La date butoir du projet a été fixée en 2012, avec pour objectif de sauver l’Entreprise Marocaine qui risque de ne pas survivre à l’implantation des concurrents espagnols et portugais dans la région, si d’ici là rien n’est fait sur le terrain.

Certains professionnels sont pourtant restés très sceptiques durant la rencontre quant aux avantages de s’affilier à la CGEM ou d’adhérer au programme de l’ANPME. Du moins, jusqu’à ce qu’une certaine intervention mette l’Association au centre des intérêts des conseillers. D’un côté elle encouragera les entreprises à aller vers les Cabinets de Conseil pour améliorer leur rendement, tout en les remboursant partiellement (jusqu’à 80% à 90%), et de l’autre elle encouragera les cabinets à démarcher les entreprises et à les orienter vers les programmes de la CGEM.
Les professionnels du consulting se sont finalement mis d’accord pour créer une Association de Cabinets de Conseil pour bénéficier du soutien de l’ANPME et répertorier le maximum de leurs confrères. Il espèrent également sortir avec une charte, et pourquoi pas, un code déontologique qui organisera un secteur où chacun fait sa propre loi, et se donnent rendez-vous le 28 Mai prochain, à la même heure et au même endroit.