Je peux dors et déjà m’avancer en disant que la programmation du Jeudi 3 Juillet sera la meilleur de cette 5ème Edition du Festival Timitar Signes et Culture, et je doute que Cheb Khaled et ses records d’audience pourront y changer grand chose !
Réunir sur une même scène la voix chaleureuse et les belles danseuses de Lahoucine Aït Baamrane, Alpha Blondy – le marocain d’adoption – et son groupe hétéroclite The Solar System, suivis du célébrissime band amazigh Izenzaren, ne peut avoir qu’une seule issue possible : déchaîner les foules et enflammer le public ! Les artistes lui rendent alors cette euphorie en criant leur amour pour Agadir et pour le Maroc.

Sur la scène de la Place Bijaouane, se succèdent des groupes de métissage musical dont les bulgares Chalaban et les français Mehdi Haddab & The Speed Caravane. Darga clôturent la soirée en proposant des titres à succès, notamment Tchoumira !, et font de leur prestation un show unique. Vocaliste escaladant l’armature métallique de la scène et percussionniste qui se joint aux chanteurs les Qraqeb à la main, créant une complicité avec un public comblé !
Le Vendredi soir connaît également une programmation typiquement marocaine avec la montée sur scène d’une idole nationale, la grande Najat Aatabou vêtue d’une longue robe bleue ! Avec Fatima Tabaamrant, Najat Aatabou constitue l’une des figures emblématiques du militarisme féministe marocain. Elle chante contre les hommes qui délaissent leurs épouses, contre la polygamie injustifiée et contre la nouvelle Moudawana (Code de la Famille Marocain). Les femmes répondent alors en applaudissant la diva tandis que certains machos la sifflent ! Mais la native du Moyen Atlas a du répondant et finit par rallier toute la foule à sa cause.

La programmation sur la scène de la Place Bijaouane était axée sur le Rap et le Hip-Hop marocain, avec une excellent prestation de Fèz City Clan accompagnés de leur jeune rappeur virulent à la chevelure oxydée. Suit le consortium gadiri baptisé Rap 2 Bled constitué de Still Souss (Hip-Hop), Storm (Underground), Soukaïnaz (R’NB), El Marequin (Ragga) et Rass Derb (Hip-Hop). De très belles initiatives pour promouvoir ces formations de nouvelle génération.

Comme le résume très bien le titre, les artistes marocains tous styles confondus ont assuré, ce qui finalement nous fait chaud au cœur…
Considéré par beaucoup d’amateurs de Reggae comme étant le plus célèbre reggae-man après l’illustre Robert Marley, Alpha Blondy s’est montré jeudi soir à la hauteur de cette réputation.
Seydou Koné, surnommé Blondy depuis le collège naît à Dimbokro en Côte-d’Ivoire, en 1953. Il sillonne le monde, apprend l’engagement politique pour une Afrique en paix et unie, et se lance dès le début des années 80’ dans la musique. Il sort ainsi son premier succès “Brigadier Sabari” qui peut être traduit par “Brigadier, Pitié !“, appel lancé à la police ivoirienne connue pour ses interventions généralement violentes.
A travers des chansons en Dioula, en Français et en Anglais, Alpha Blondy a encouragé le jeune public de la Place Al Amal à remplir les bancs des universités, les autorités à prendre soin des citoyens, les sahraouis à se rallier à leur nation marocaine, et les hommes politiques mégalomanes et avides de pouvoir à penser un peu plus à l’intérêt général des peuples d’Afrique.
Le groupe The Solar System qui l’accompagne durant ses tournées est tout simplement exceptionnel avec un bassiste survolté et deux excellents guitaristes. Les percussionnistes et les deux jolies vocalistes habillées accompagnent harmonieusement un Alpha Blondy des grands jours !
Un spectacle qui méritait le déplacement, la présence parmi le public de M. Tariq Kabbage, Maire de la ville d’Agadir et de M. Aziz Akhannouch, Président de la Région Souss Massa Draâ en atteste bel et bien !














Darga, célèbre groupe de Fusion de la nouvelle scène musicale marocaine, donnait aux amateurs du genre rendez-vous devant la Scène Bijaouane. Venus en grand nombre – certains malheureusement armés de fumigènes rouges – des dizaines de milliers de fans ont prouvé que la ville d’Agadir savait accueillir ses artistes préférés.
Le groupe casablancais fondé en 2001 par des étudiants des beaux-arts a su dépasser sa dimension de Fusion pour atteindre la sphère World Music, se forgeant ainsi une réputation internationale. Mêlant culture marocaine populaire et urbaine, rythmes traditionnels et musique moderne, Darga (littéralement “Cactus”) ne cessera d’évoluer dans l’ombre des grands (Gnawa Diffusion, Manu Dibango, Youssou N’dour) avant d’en devenir un ! Avec plus de 100 concerts donnés un peu partout sur le Royaume, des premières parties à l’Etranger et un album sorti en Mars 2008 intitulé Stop Baraka, Darga n’a aujourd’hui rien à envier à ses compères marocains et maghrébins.
Personnellement, je connaissais la notoriété du groupe acquise essentiellement sur scène, mais je n’aurais jamais pensé à une telle complicité avec le public, encore moins à une telle énergie déployée par tous les musiciens, des deux vocalistes dopés au percussionniste qui déserte souvent son poste. Le comble a été la reprise de la célèbre chanson Gnaoua Sandiya (Hamid El Kasri en avait fait de même quelques jours auparavant à Essaouira) accompagnée de guitare électrique et de basse. Une pure merveille !
Le public criera à chaque prouesse du groupe tandis que les jeunes casablancais lui rendront cette marque d’affection en le qualifiant d’actuel meilleur public. Le fan-club de Darga s’est ainsi agrandi hier soir de quelques milliers de nouveaux membres, de quoi rassurer le nouvelle formation référence du Maroc…




