Je viens de dénicher un petit bijou sur le Web !
Depuis le temps que j’écris sur Agadir, ce n’est qu’aujourd’hui que je découvre cette petite perle qui trace une époque importante de notre ville. www.communautejuiveagadir.com.
“Ce site a été conçu dans le but de rappeler un visage connu, une personne chère, des inconnus pour certains, un frère pour un autre, quelque soit le cas de figures, il s’agit d’un point de rencontre et de présentation, entre nous autres gadiris de naissance ou d’adoption, il nous suffit de visionner cet album photo et peut-être retrouverez-vous un visage connu qui vous fera sourire, couler une larme, vous laisser une émotion. Nous serons à ce moment comblés et le but et l’existence de ce site aura atteint son objectif premier.”
On oublie souvent qu’il y’a eu une vie avant le tremblement de terre. Heureusement que nous avons des gens comme Georges Sebat qui nous font revivre cette période.
“Cette idée, je l’espère ne cessera de grandir et sachez qu’il s’agit d’un site appartenant à tout le monde, qui se sent concerné. Sera le bienvenu qui voudra participer, et ce de quelque manière que ce soit, en envoyant des photos, de proposer une nouvelle rubrique et la développer sur le site, d’apporter des témoignages écrits, des vidéos, tout sera grandement apprécié et apportera une richesse de plus à ce site, témoignage de notre belle vie dans la ville d’Agadir.”
J’ai visionné toutes les vidéos et vu toutes les photos. Très touchant !
Je vous invite à laisser un message sur le Livre d’or !
Merci à la communauté et comptez moi d’ores et déjà parmi les participants !
5ème et Dernière Partie
Il est 16h30. Les militaires de l’armée royale ont reçu l’ordre de forcer les sinistrés à quitter les ruines. Une voix répète à travers un haut parleur en Français et en Arabe:
« les habitants qui ne sont pas tenus de demeurer sont privés de quitter la ville ».
« MM. Les Ambassadeurs, MM. Les Ministres,
Nous avons été profondément touchés que vous ayez tenu à nous accompagner, nous et les membres de notre gouvernement, à notre cher et malheureux Agadir.Vous avez constaté également que dans cette œuvre, toutes les nations coopèrent, ce qui montre, une fois encore, que la fraternité humaine n’est pas un vain mot. Des médecins, des ingénieurs, des techniciens, des assistantes sociales, des infirmières, des civils et militaires de toutes nationalités se dépensent sans relâche avec dévouement et un esprit de sacrifice et d’abnégation exemplaires pour venir en aide à leurs frères, les martyrs de la ville d’Agadir. Dans notre malheur et notre détresse, c’est un grand réconfort pour notre peuple.
La catastrophe d’Agadir n’est pas seulement nationale, mais elle revêt un caractère international puisque, malheureusement, beaucoup de nos hôtes étrangers en ont été victimes. Nous présentons nos vives condoléances à leurs familles et leurs pays respectifs. Nous demandons à ceux, parmi nos hôtes, que dieu a protégés, de conserver leur amour pour Agadir et leur confiance dans l’avenir.
Demain comme hier, Agadir sera l’exemple de la cohabitation fraternelle entre toutes les nationalités, de la confiance, du dynamisme, du travail, de l’espoir.
Nous demandons à dieu de protéger l’humanité et de la préserver de toutes sortes de calamités. Nous l’implorons pour qu’il nous comble de sa miséricorde. »(16)
À la base aéronavale, les rescapés reprennent petit à petit le courant de la vie. De nombreux commerçants sont décidés à remonter leurs magasins. Le porte-parole du palais royal déclarera en parallèle que tous les moyens de financement intérieur et internationaux seraient utilisés et que des crédits seraient affectés aux personnes désirantes redémarrer leur commerce. Une école sera aussi recréée sous une tente. Des instituteurs, professeurs, maîtres, directeurs et même des officiers de la base se transformeront en maîtres bénévoles. L’école sera dénommée « Jeanne D’arc » avant d’être appelée école « Gauguin ».
Agadir était aux trois quarts détruites, il fallait la reconstruire. Quatre mois jour pour jour, le roi feu Sa Majesté Mohamed V posait la première pierre symbolique de la nouvelle Agadir au quartier industriel où sera entrepris la construction d’un nouveau quartier d’habitat selon des conceptions antisismiques. Le roi posera ensuite la première pierre du nouvel hôpital ainsi que celle d’une station de télécommunication.
« La terre tremble encore. Agadir, notre paradis est mort pour longtemps, mais j’espère qu’il renaîtra un jour. » Melle Thérèse Blondeau - Agadir, le 7 mars 1960 (17)
Voeu réalisé : la ville d’Agadir est aujourd’hui l’une des villes les plus importantes du pays, en particulier sur le plan touristique, mais aussi sur le plan économique, industriel et maritime.
A la mémoire des disparus, rescapés, donneurs, feu Sa Majesté Mohamed V, feu Sa Majesté Hassan II, Willy Cappe, sauveteurs, mon grand-père, mon oncle Othmane, ma tante Kaltoum et mes cousins.
Merci d’avoir fait renaître Agadir !
Sources:
(1) Extrait du témoignage de Jean Randazzo.
(2) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(3) Forums Dafina
(4) Forums Dafina
(5) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(6) Forums Dafina
(7) Forums Dafina
(8) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(9) Extrait du témoignage de Jean Randazzo.
(10) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(11) La Catastrophe de Malpasset en 1959
(12) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(13) Forums Dafina
(14) Forums Dafina
(15) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(16) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(17) Extrait du témoignage de Melle Thérèse Blondeau
4ème Partie
«Peuple fidèle,
C’est avec tristesse et le cœur plein d’amertume que nous nous adressons à vous. En ce jour, une grande et terrible catastrophe s’est abattue sur notre pays. Un affreux cataclysme a détruit la ville d’Agadir, a fait de ses habitants des victimes et l’a laissée en ruine. La parole est incapable de décrire cette calamité. L’heure n’est pas au discours, car ceux que Dieu a sauvés attendent de nous des actes de solidarité, mais non point des pleurs et des paroles.Nous avons chargé notre prince héritier Hassan de diriger les opérations de sauvetage et secours et d’en surveiller sur place l’exécution. De même nous avons chargé la princesse Aïcha d’organiser une campagne de solidarité dans l’ensemble du royaume et de collecter des dons destinés aux sinistrés.
Nous avons également affectés les crédits nécessaires pour les soins urgents. Le devoir humain, religieux et national exige de chacun de nous de venir en aide à ceux de nos frères survivants de la ville martyre et de leur apporter toutes formes d’assistance, en espèces ou autre, manifestant ainsi sa fraternité et accomplissant en même temps ses obligations religieuses et nationales.
C’est la nation tout entière qui est en deuil et c’est elle qui reconstruira la ville. La reconstruction d’Agadir sera l’oeuvre de notre volonté et de notre foi » (10) Feu Sa Majesté Mohamed V le 01 mars 1960.
De nombreux télégrammes et marques de sympathie parviendront pendant la journée au Maroc, émanant de chefs d’état et de hautes personnalités : Le général de Gaulle, président de la République Française, M. Dag Hammarskjöld, secrétaire général des Nations Unis, la reine Elisabeth d’Angleterre, le général Franco, le Shah d’Iran, … Message aussi de la ville de Fréjus qui avait connu quelques mois plus tôt la catastrophe de Malpasset (11).
Les techniciens des Travaux Publics essayeront de rétablir l’usine électrique. Peu endommagé, l’un des deux moteurs diesel sera remis en marche, permettant aux sauveteurs de continuer leurs recherches dans les décombres la nuit tombée. Des vivres seront distribués à des milliers de civils et militaires grâce aux grands efforts des cuisiniers de la base qui fonctionnait non-stop depuis deux jours.
L’escadre de la méditerranée arrivera le 2 mars à 7h. Pendant que des plongeurs démineurs sondent les fonds dans la crainte qu’un bouleversement sous-marin ne les ait modifiés, près de 2000 hommes seront débarqués. Ils seront opérationnel 3h plus tard. Un outillage important composé de masses pour casser le béton, des cisailles, des chalumeaux oxycoupeurs, des lampes torches et du fil d’acier sera mis à disposition. Le Mintaka, un caboteur hollandais, arrivera quelques minutes après, transportant 100 tonnes d’eau potable.