L’immobilier fait partie des grands chantiers de développement au Maroc, aux côtés des équipements et des infrastructures (transport, énergie, eau potable…), du tourisme, des industries légères et des services.
La conjoncture actuelle :
L’Etat, en partenariat avec Al Omrane (nouvelle entité née de la fusion de plusieurs sociétés d’Etat : Snec, Attacharouk, et des établissements régionaux d’aménagement et de construction : Erac) placée sous la tutelle du Premier Ministre, garde en vue sa priorité d’éradiquer l’habitat insalubre en faisant la promotion du logement social.
Avec un investissement d’un milliard de dirhams injecté sur le marché immobilier d’Agadir, le Ministère de l’Habitat compte tenir ses engagements en proposant un produit accessible aux couches sociales les plus défavorisées.
130.000 logements sont donc prévus sur tout le territoire, pour un prix unitaire de 140.000 DH, rappelant ainsi le prix moyen auquel se négocient les baraques.

Pour atteindre ses objectifs, le Ministère, porté par l’enthousiasme de M. Ahmed Taoufiq Hejira, a logiquement approché les promoteurs immobiliers en leurs offrant nombre de privilèges, dont l’exonération totale des impôts, mais leur a imposé en contre partie une surface minimum de 50m² pour chaque appartement et le respect des standards de qualité et de sécurité.
Avec le lancement en 2008 de 30.000 unités, la garantie du Fogarim, la participation des petits et moyens promoteurs et la signature de plusieurs conventions avec les banques pour faciliter les modalités de commercialisation, le moral des professionnels est au beau fixe.
Les premiers signe de malaise :
Les professionnels du métier sont pourtant divisés entre :
- Optimistes voyant le Maroc comme un eldorado de l’immobilier, les chiffres enregistrés par les cimenteries et la vente des matériaux de construction, en plus des 100 milliards de dirhams de crédits accordés l’année dernière pour des projets immobiliers, en attestent bel et bien. La turbulence actuelle du marché demeurera, selon eux, une simple tendance passagère, tant que la demande restera forte et que l’offre suivra.
- Pessimistes inquiets de la baisse du rythme des transactions durant le premier trimestre de 2008. La flambée des prix y est pour beaucoup, l’incompatibilité entre l’offre et la demande également, et tous redoutent une chute qui sera forcément douloureuse.
Même s’il est vrai que la stabilité et la clarté ne sont pas les points forts du marché foncier marocain, il est possible de décortiquer le phénomène, mais séparément, puisque la situation au niveau de Casablanca n’est pas la même qu’à Marrakech, encore moins à Agadir.
Casablanca :

L’exemple de la capitale économique risque de devenir un cas d’école sur le détournement de la vocation première d’un projet social. Avec une métropole sujette à une forte demande en logements, les prix du foncier ont tout simplement dépassés toutes les prévisions. Le mètre carré coûte aujourd’hui sur l’Avenue 2 Mars (au centre-ville) plus de 15.000 DH, intimidant même les classes sociales réputées aisées. Le problème réside ici dans une discordance entre l’offre et la demande, toutes deux très fortes.
Pour les cadres et les jeunes couples constituant la nouvelle classe moyenne, un logement social à 300.000 DH satisfait amplement leurs besoins et se situe dans leurs limites budgétaires, contrairement aux petits salariés qui n’ont aujourd’hui nulle part où aller.
Certains promoteurs vont jusqu’à augmenter le standing de leurs produits originellement destinés aux classes modestes pour attirer de nouveau clients mieux lotis, laissant entrevoir un inquiétant retour de manivelle et la naissance de nouveaux bidonvilles.
Marrakech :

Les prix exorbitants de l’immobilier à Marrakech dépassent tout entendement avec des villas qui coûtaient 4000 DH/m² en 2002 et qui valent aujourd’hui plus de 25.000 DH/m². Avec une offre très limitée et une demande en hausse effrénée, portée par l’effet mode de la ville ocre et l’imaginaire orientale qu’elle attise chez les acquéreurs européens, les prix atteignent des sommets.
Les promoteurs craignent que l’euphorie cède brusquement la place à la crise (rappelant le précédent des Etats-Unis), ou pire encore, qu’un fracassement des prix mette fin à la série de scores positifs enregistrés ces dernières années. Il est à rappeler que l’achat des terrains à des fins purement spéculatives (attendre que les prix sur le marché augmentent considérablement et revenir avec des offres très compétitives) est une pratique répondue au Maroc.
Agadir :

Agadir est une ville richement dotée en documents d’urbanismes, et jusqu’à l’intégration des régions périphériques dans ce qui sera appelé le Grand Agadir, la commune gérait convenablement toutes les questions relatives à son urbanisme.
L’évolution économique d’Agadir, et de ce fait démographique, crée un déséquilibre qui se traduit par un besoin imminent de restructuration.
Hay Mohammadi est ainsi appelé à accueillir quelques 120.000 gadiris dans les années à venir. Plus de 6.000 baraques ont été démolies en 2007, et 4.000 démolitions sont prévues pour 2008.
Al Omrane Agadir, dont la priorité est le logement social, a déjà investi plus d’un milliard de dirhams pour lancer la construction de 1.500 appartements à 140.000 DH l’unité dans le cadre du projet “Villes sans Bidonvilles“. Les évacuations ne se déroulent cependant pas sans encombres, la mésaventure du Maire d’Agadir à la Carrière Day Day est là pour nous le rappeler.

Avec le recouvrement des lits des fleuves traversant la ville et la viabilisation de ces terrains, les projets étalés sur l’entrée sud d’Agadir et sur ses banlieues, l’offre est encore loin du seuil critique constaté dans d’autres métropoles marocaines. Il n’est pas difficile d’acquérir un bien immobilier dans la région, malgré des prix très élevés, et la relative stabilité du marché rassure les acheteurs. Tout le monde sait que le foncier a toujours été plus cher à Agadir qu’ailleurs (normes sismiques obligatoires, vocation touristique de la ville…) et personne ne devra plus s’étonner de voir des maisons se négocier à Ihchach ou Les Amicales à 1 million de Dirhams, et beaucoup plus à Charaf ou Talborjt.
Certains l’appellent la loi de l’offre et de la demande, je dirais que c’est le revers de la médaille. Toute croissance impose un tribut qui se chiffre ici en flambée des prix.
Alors crise ou pas crise, Saïd Sekkat, Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers partage avec Marie-Helène Giguère sur les colonnes de La Vie Eco :
« Le risque de surchauffe est inhérent au développement fulgurant de l’immobilier ces dernières années. Cette tendance est passagère, dans la mesure où la demande est encore très forte. Il s’agit probablement d’un réajustement des prix dû à un rééquilibrage entre l’offre et la demande »
Espérons-le !
Un petit emploi du temps chargé ses derniers temps m’empêche d’être à jour sur les évènements qui se sont dernièrement déroulés à Agadir. Heureusement que les aggrégateurs d’actualités tels que yahoo et google existent. Voici l’actualité d’Agadir des deux dernières semaines, en bref:
Régression de l’activité de la RAM à Agadir: Ne faut-il pas tout simplement revoir les prix? Source: Le Matin - 10 mai 2006.
Taghazout, 5ème station du plan Azur: Le groupement Colony Capital/ Satocan/Lopesan va aménagé la station Taghazout pour un montant de 10 milliards de dirhams. Projet: une station touristique d’une capacité d’environ 21.000 lits, dont 15.800 lits hôteliers, deux golfs (total de 27 trous), une médina artisanale, un Spa, une clinique (argano-thérapie) et un institut de l’arganier. Source: Aujourd’hui.ma - 11 mai 2006.
Un article intéressant sur le concubinage au Maroc: Source: Le Reporter - 14 mai 2006
Parade Navale dans la baie d’Agadir: SM le Roi Mohammed VI a présidé une parade navale dans le cadre du cinquantième anniversaire de la création des Forces Armées Royales (FAR). Source: Corlobe - 15 mai 2006
Premier parcours de plasticiens à Agadir: La Fondation de l’Artiste Plasticien d’Agadir, en partenariat avec l’Institut Français d’Agadir, a organisé du 12 au 17 mai le Premier Parcours de Plasticiens. Présidée par Mohamed Sanoussi, cette édition s’intéresse à l’actualité des arts plastiques à travers des expositions, conférences et ateliers. Source: emarrakech - 16 mai 2006
L’artiste peintre Azzedine Bendra à Paris: Si vous avez le temps, découvrez les oeuvres du Talentueux Azzedine à l’Espace «Châtelet Victoria» à Paris. Jusqu’au 31 mai. Source: Le Matin - 16 mai 2006
127 millions d’euros pour Agadir: Objectif: Faire de la ville “un pôle touristique national attractif, d’un rayonnement international”. Source: voila.fr - 17 mai 2006
Ouverture d’un centre de formation par apprentissage à Agadir: Accor Maroc a officiellement ouvert vendredi 19 mai 2006 son CFA (centre de formation par apprentissage) à l’hôtel Ibis Moussafir Agadir. L’Académie Accor Maroc, mis en place en juin 2005, formera 156 jeunes sur une période de 3 ans afin de leur permettre de s’insérer dans la vie active, et de renforcer par la même occasion les sources de recrutement du groupe. Source: Wanadoo - 19 mai 2006
Le Maroc invité d’honneur de La Foire internationale à Bordeaux-Lac: Du 20 au 29 mai se tiendra, à Bordeaux-Lac, la Foire internationale. De nombreuses activités artisanales sont prévues. Source: Metro France - 19 mai 2006
Voici les notes que j’ai pris lors du salon du voyage et du tourisme à Dubai :
- Amwaj Bouregreg est un partenariat entre Sama Dubai, la Caisse de dépôt et de Gestion (CDG) et l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg. 50% est détenue par Sama Dubai et 50% par les parties Marocaines;
- L’aménagement de la vallée du Bouregreg représente un investissement de 7 milliards de dirham émiratis, ce qui fait environ 17 milliards de dirham marocains;
- Une surface de 100 hectares;
- La vallée comprends:
- des hôtels 3*, 4* et 5*;
- des tours commerciales et résidentielles;
- des bureaux;
- des centres de congrès;
- des cinémas;
- une Marina;
- des parkings;
- Accomplissement prévu pour mi-2009.