
Le Fonds Monétaire International pourrait bien être présidé par un rescapé du tremblement de terre de 1960.
Dominique Gaston André Strauss-Kahn est né le 25 avril 1949 à Neuilly-sur-Seine. Sa mère, journaliste, et son père, conseiller juridique et fiscal, déménagent en 1955 à Agadir. Une partie de son enfance s’y déroulera.
« Une vie de rêve, dans l’insouciance de l’enfance et dans l’inconscience du durcissement des tensions sociales », écrit-il dans un livre publié en 2006 : 365 jours. Journal contre le renoncement.
Mais le dramatique tremblement de terre d’Agadir, le 29 février 1960, bouscule sa destinée.
Ce jour-là, « 300 000 vies se sont brisées, ma vie a basculé. (…) Nous sommes restés logés sous une tente une quinzaine de jours, à Casablanca, une poignée de semaines (…) et nous sommes rentrés en France. Définitivement », se rappelle-t-il.
Il intégrera 9 ans après l’HEC, puis Sciences-Po Paris où il obtiendra une licence en droit public, un doctorat et une agrégation en sciences-économiques.
Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre français de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et éventuel remplaçant de Ségolène Royal au parti socialiste, il a été présenté le 10 juillet 2007 par Nicolas Sarkozy, comme candidat à la direction du Fonds monétaire international (FMI). DSK a obtenu le soutien unanime des vingt-sept pays de l’Union européenne et plus récemment, celui des Etats-Unis. Les élections sont prévues en octobre de cette année.
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Source : Le Point.
5ème et Dernière Partie
Une évacuation totale de la ville d’Agadir est nécessaire, l’atmosphère devient pestilentielle. Surtout les quartiers de Talborjt, Ihchach, Founti et la Kasbah présentent de grands risque d’épidémie, de typhoïde et du typhus. Des milliers de cadavres sont encore ensevelis sous les ruines et se décomposent massivement. Les responsables ont constaté qu’il ne sera pas possible de tout déblayer pour éviter l’infection. Moulay Hassan après avoir avisé avec les médecins civils et militaires décidera ce qui suit :
- L’évacuation totale des rescapés et du personnel ;
- L’arrosage par avion d’insecticides sur la ville ;
- La désinfection et dératisation par petites équipes des ruines ;
- La désinfection de toute personne qui traversera la seule voie autorisée de la ville ;
- Poursuite de la recherche de survivants dans les endroits ou des survivants sont repérés.
Il est 16h30. Les militaires de l’armée royale ont reçu l’ordre de forcer les sinistrés à quitter les ruines. Une voix répète à travers un haut parleur en Français et en Arabe:
« les habitants qui ne sont pas tenus de demeurer sont privés de quitter la ville ».

Les escadres étrangères à leur tour se retireront progressivement, abandonnant les quartiers à leur sort. Agadir devenait la « ville morte » pour quarante jours.

Feu Sa Majesté Mohamed V s’adressera au courant du week-end aux ambassadeurs et généraux leur exprimant sa gratitude pour tout ce qui a été fait après cette catastrophe. Quelques extraits :
blockquote> « MM. Les Ambassadeurs, MM. Les Ministres, Nous avons été profondément touchés que vous ayez tenu à nous accompagner, nous et les membres de notre gouvernement, à notre cher et malheureux Agadir.
Vous avez constaté également que dans cette œuvre, toutes les nations coopèrent, ce qui montre, une fois encore, que la fraternité humaine n’est pas un vain mot. Des médecins, des ingénieurs, des techniciens, des assistantes sociales, des infirmières, des civils et militaires de toutes nationalités se dépensent sans relâche avec dévouement et un esprit de sacrifice et d’abnégation exemplaires pour venir en aide à leurs frères, les martyrs de la ville d’Agadir. Dans notre malheur et notre détresse, c’est un grand réconfort pour notre peuple.
La catastrophe d’Agadir n’est pas seulement nationale, mais elle revêt un caractère international puisque, malheureusement, beaucoup de nos hôtes étrangers en ont été victimes. Nous présentons nos vives condoléances à leurs familles et leurs pays respectifs. Nous demandons à ceux, parmi nos hôtes, que dieu a protégés, de conserver leur amour pour Agadir et leur confiance dans l’avenir.
Demain comme hier, Agadir sera l’exemple de la cohabitation fraternelle entre toutes les nationalités, de la confiance, du dynamisme, du travail, de l’espoir.
Nous demandons à dieu de protéger l’humanité et de la préserver de toutes sortes de calamités. Nous l’implorons pour qu’il nous comble de sa miséricorde. »(16)
À la base aéronavale, les rescapés reprennent petit à petit le courant de la vie. De nombreux commerçants sont décidés à remonter leurs magasins. Le porte-parole du palais royal déclarera en parallèle que tous les moyens de financement intérieur et internationaux seraient utilisés et que des crédits seraient affectés aux personnes désirantes redémarrer leur commerce. Une école sera aussi recréée sous une tente. Des instituteurs, professeurs, maîtres, directeurs et même des officiers de la base se transformeront en maîtres bénévoles. L’école sera dénommée « Jeanne D’arc » avant d’être appelée école « Gauguin ».
Agadir était aux trois quarts détruites, il fallait la reconstruire. Quatre mois jour pour jour, le roi feu Sa Majesté Mohamed V posait la première pierre symbolique de la nouvelle Agadir au quartier industriel où sera entrepris la construction d’un nouveau quartier d’habitat selon des conceptions antisismiques. Le roi posera ensuite la première pierre du nouvel hôpital ainsi que celle d’une station de télécommunication.

« La terre tremble encore. Agadir, notre paradis est mort pour longtemps, mais j’espère qu’il renaîtra un jour. » Melle Thérèse Blondeau - Agadir, le 7 mars 1960 (17)
Voeu réalisé : la ville d’Agadir est aujourd’hui l’une des villes les plus importantes du pays, en particulier sur le plan touristique, mais aussi sur le plan économique, industriel et maritime.
A la mémoire des disparus, rescapés, donneurs, feu Sa Majesté Mohamed V, feu Sa Majesté Hassan II, Willy Cappe, sauveteurs, mon grand-père, mon oncle Othmane, ma tante Kaltoum et mes cousins.
Merci d’avoir fait renaître Agadir !




Sources:
(1) Extrait du témoignage de Jean Randazzo.
(2) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(3) Forums Dafina
(4) Forums Dafina
(5) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(6) Forums Dafina
(7) Forums Dafina
(8) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(9) Extrait du témoignage de Jean Randazzo.
(10) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(11) La Catastrophe de Malpasset en 1959
(12) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(13) Forums Dafina
(14) Forums Dafina
(15) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(16) Agadir 29 février 1960 « Histoire et leçons d’une catastrophe » – Willy Cappe
(17) Extrait du témoignage de Melle Thérèse Blondeau
4ème Partie
«Peuple fidèle, C’est avec tristesse et le cœur plein d’amertume que nous nous adressons à vous. En ce jour, une grande et terrible catastrophe s’est abattue sur notre pays. Un affreux cataclysme a détruit la ville d’Agadir, a fait de ses habitants des victimes et l’a laissée en ruine. La parole est incapable de décrire cette calamité. L’heure n’est pas au discours, car ceux que Dieu a sauvés attendent de nous des actes de solidarité, mais non point des pleurs et des paroles.
Nous avons chargé notre prince héritier Hassan de diriger les opérations de sauvetage et secours et d’en surveiller sur place l’exécution. De même nous avons chargé la princesse Aïcha d’organiser une campagne de solidarité dans l’ensemble du royaume et de collecter des dons destinés aux sinistrés.
Nous avons également affectés les crédits nécessaires pour les soins urgents. Le devoir humain, religieux et national exige de chacun de nous de venir en aide à ceux de nos frères survivants de la ville martyre et de leur apporter toutes formes d’assistance, en espèces ou autre, manifestant ainsi sa fraternité et accomplissant en même temps ses obligations religieuses et nationales.
C’est la nation tout entière qui est en deuil et c’est elle qui reconstruira la ville. La reconstruction d’Agadir sera l’oeuvre de notre volonté et de notre foi » (10) Feu Sa Majesté Mohamed V le 01 mars 1960.
De nombreux télégrammes et marques de sympathie parviendront pendant la journée au Maroc, émanant de chefs d’état et de hautes personnalités : Le général de Gaulle, président de la République Française, M. Dag Hammarskjöld, secrétaire général des Nations Unis, la reine Elisabeth d’Angleterre, le général Franco, le Shah d’Iran, … Message aussi de la ville de Fréjus qui avait connu quelques mois plus tôt la catastrophe de Malpasset (11).
Les techniciens des Travaux Publics essayeront de rétablir l’usine électrique. Peu endommagé, l’un des deux moteurs diesel sera remis en marche, permettant aux sauveteurs de continuer leurs recherches dans les décombres la nuit tombée. Des vivres seront distribués à des milliers de civils et militaires grâce aux grands efforts des cuisiniers de la base qui fonctionnait non-stop depuis deux jours.
L’escadre de la méditerranée arrivera le 2 mars à 7h. Pendant que des plongeurs démineurs sondent les fonds dans la crainte qu’un bouleversement sous-marin ne les ait modifiés, près de 2000 hommes seront débarqués. Ils seront opérationnel 3h plus tard. Un outillage important composé de masses pour casser le béton, des cisailles, des chalumeaux oxycoupeurs, des lampes torches et du fil d’acier sera mis à disposition. Le Mintaka, un caboteur hollandais, arrivera quelques minutes après, transportant 100 tonnes d’eau potable.


Une seconde escadre rejoindra vers midi la ville d’Agadir. Elle est composée du croiseur néerlandais De Ruyter et de quatre escorteurs. Les marins hollandais seront affectés au quartier Talborjt où les marins Français, Américains et Marocains participent activement et sans relâche aux travaux de sauvetage et de déblaiement des immeubles et maisons. Malgré l’autorisation de manger, les civils et militaires marocains ne rompront pas le Ramadan !5ème et dernière Partie - Tremblement de terre Agadir 1960: temoignages ! - 5.Demain