Hier, le Maroc a célébré Achoura, une journée dont la symbolique a toujours été forte mais qui n’est pourtant pas décrétée journée fériée.
Ce qui aurait pu être une fête sous le signe de la famille et des enfants (comme c’est le cas pour Noël, Saint-Nicolas ou Halloween à titres d’exemples) n’’en demeure pas moins une célébration à forte connotation religieuse et un prolongement d’anciennes coutumes populaires.
Achoura, qui est le dixième jour après le Nouvel An musulman, puise son origine aussi bien dans la religion musulmane que dans le Judaïsme.
C’est le jour où les juifs fêtent la sortie de Moïse à la tête des Hébreux de l’Egypte et son triomphe sur les armées du Pharaon. Appelé Yom Kippour, c’est un jour de jeûne et de recueillement.
C’est également le jour où l’Arche de Noé accoste après le Déluge et qu’Adam quitte le Paradis Céleste.
Les musulmans y jeûnent deux jours (le 9 et le 10 Mouharram généralement) pour se démarquer de la tradition juive, et les marocains y préparent un bon repas traditionnel dont ils donnent une partie aux plus pauvres, achètent des vêtements neufs et des jouets aux enfants et proposent fruits secs et confiseries aux voisins.
Le soir, les adolescents allument un grand feu et des pétards pour chanter et danser très tard dans la nuit sous les rythmes des Taârija, instrument à percussion multicolore en peau de chèvre tendue et en terre cuite.
Le lendemain est aussi une journée spéciale où les gens s’aspergent d’eau en signe de bon présage. Ils y commémorent le jour où Hajar, femme de Ibrahim, et son fils Ismaïl découvrent les sources d’eau proche de la Kaâba baptisées Zamzam.
“Zamzam“, pouvant être traduite comme un ordre de fermer quelque chose, est la phrase qu’aurait répété Hajar plusieurs fois à son fils en voyant l’eau bienfaitrice jaillir du sol d’une vallée pourtant désertique.
Autre genre de festivités que nous offre Agadir le lendemain du Aïd El Kebir cette fois-ci, est le passage en ville de défilés organisés par plusieurs associations de quartiers avec costumes et déguisements. Un exercice qui démontre toute l’étendue de l’originalité et de l’ingéniosité de notre jeunesse gadirie !
Et comme une vidéo vaut mieux que mille mots, en voici une qui résume le passage du défilé à Ihchach, en attendant le jour d’avoir notre propre Carnaval internationalement reconnu :
Il est commun de publier le bilan d’une année avant la fin de celle-ci. Mais comme tout bilan qui se respecte regroupe bons et mauvais souvenirs, nous préférons publier le bilan d’Agadir Souss quelques jours après les festivités du Nouvel An.
Cette année a été celle du renouveau pour la Perle du Souss. L’ouverture de La Marina en est un exemple vivifiant, au côté des divers réaménagements et relookages (Place Tamri; Passage Le Savannah …).
Plusieurs grands projets ont été inaugurés dans la foulée de ce dynamisme indiscutable, comme Le plus grand technopole d’Afrique ou l’Hôtel Riu Tikida Palace.

Devenue une capitale de l’événementiel, Agadir a vu – à titre d’exemples – l’organisation du Concert de la Tolérance, de la Coupe du Monde des Jeux de la Médecine, du Championnat Arabe de Karaté, des compétitions de Skateboard et du grand Timitar : Signes et Culture !

Dans un tout autre registre, les élections législatives auront fait couler énormément d’encre. Les résultats également ! Agadir Souss a essayé en toute impartialité de dresser les programmes des principales formations, avec plus ou moins de réussite, avant de revenir sur les résultats et leurs retombées.

La fin de cette année a été assez mouvementée avec Noël, Aïd Al-Adha puis le Nouvel An qui se sont succédés. Bonne nouvelle, les habituels dérapages sanitaires auxquels nous avait habitué la Fête du Sacrifice font désormais partie de l’histoire ancienne. Dès 16 heures, le jour de l’Aïd, les bennes à ordures ont été vidées et les quartiers débarrassés de leurs peaux de mouton et autres parties non consommées des abats. La pluie bienfaitrice a fait le reste…
Une pluie salvatrice mais dévastatrice lorsque les installations ne suivent pas ! Agadir est construite en grande partie sur les lits des affluents du Oued Souss. Elle est de ce fait constamment menacée par les pluies diluviennes qui s’abattent sur la région.

Les chutes importantes mais pas vraiment cataclysmiques dans les montagnes (à l’Est) ont soufflé un vent de panique auprès de la population, avec une circulation coupée à certaines endroits, des dizaines de baraques inondées et cinq personnes emportées !
La belle plage d’Agadir fait peine à voir avec des milliers de bouteilles et autres débris charriés le long de la ville ! La protection civile, les sapeurs pompiers et les cellules de gestions de crises habitués à ce genre de situations ont une fois encore démontré leur réactivité et leur grande efficacité, mais une solution durable passe par la construction de canaux et de barrages qui limiteraient définitivement les risques d’inondation.

Le Nouvel An, à travers la programmation proposée dans les établissements hôteliers et la parure que revêt la ville font heureusement oublier ces tristes constats et laissent entrevoir une année 2008 porteuse de bonnes nouvelles !

A Agadir, comme un peu partout au Maroc, il est d’usage de s’échanger quelques gentillesses lors des célébrations religieuses avec la phrase passe-partout :
« Mabrouk L’âïd ! »
Il est également possible d’utiliser une citation plus formelle et plus proche de l’Arabe classique :
« Aïd Mobarak Saîd ! »
Pour la Fête du Sacrifice, il est également d’usage de dire à un proche ou un voisin après avoir égorgé son mouton :
« Kidayra Douartkoum ? » qui signifie :
« Comment sont les tripes et les abats de votre mouton ? »
Pour ceux qui n’en auraient pas compris la subtilité, il faut savoir qu’habituellement, les marocains ne mangent pas la viande le premier jour de l’Aïd, mais se contentent du foie grillé au déjeuner et des tripes en ragoût (Tqeliya) un peu plus tard dans la journée.
Le bon déroulement de la séance de dégustation dépend finalement de la qualité des abats (taille du foie, présence ou pas de la fine graisse du Boulfaf, le kabab au foie marocain typique de l’Aïd…) !
Vous voici donc parés à passer votre Aïd El Kébir marocain en toute sérénité, il vous suffira de répondre « Allah Ibarek Fik » et « Âalina ou Âalik » dans les deux premiers cas, et « Méziana ou Zwina » pour la dernière.
Tout ceci pour vous souhaiter, chers lecteurs, une Bonne Fête, une excellente fête même ![]()