Considéré par beaucoup d’amateurs de Reggae comme étant le plus célèbre reggae-man après l’illustre Robert Marley, Alpha Blondy s’est montré jeudi soir à la hauteur de cette réputation.
Seydou Koné, surnommé Blondy depuis le collège naît à Dimbokro en Côte-d’Ivoire, en 1953. Il sillonne le monde, apprend l’engagement politique pour une Afrique en paix et unie, et se lance dès le début des années 80’ dans la musique. Il sort ainsi son premier succès “Brigadier Sabari” qui peut être traduit par “Brigadier, Pitié !“, appel lancé à la police ivoirienne connue pour ses interventions généralement violentes.
A travers des chansons en Dioula, en Français et en Anglais, Alpha Blondy a encouragé le jeune public de la Place Al Amal à remplir les bancs des universités, les autorités à prendre soin des citoyens, les sahraouis à se rallier à leur nation marocaine, et les hommes politiques mégalomanes et avides de pouvoir à penser un peu plus à l’intérêt général des peuples d’Afrique.
Le groupe The Solar System qui l’accompagne durant ses tournées est tout simplement exceptionnel avec un bassiste survolté et deux excellents guitaristes. Les percussionnistes et les deux jolies vocalistes habillées accompagnent harmonieusement un Alpha Blondy des grands jours !
Un spectacle qui méritait le déplacement, la présence parmi le public de M. Tariq Kabbage, Maire de la ville d’Agadir et de M. Aziz Akhannouch, Président de la Région Souss Massa Draâ en atteste bel et bien !














L’arrivée de l’Eté et de ses pics de température annonce l’ouverture de la saison des festivals et des concerts. Agadir s’était dotée en 2004 de son propre festival, baptisé Timitar : Signes et Cultures, et ce qui constituait à l’origine une simple aventure arbore aujourd’hui les allures d’un événement culturel incontournable de la région.
Lors de la conférence de presse donnée par les organisateurs, avec la présence – entre autres – de M. Aziz Akhannouch et de M. Saîd Sqally, l’édition 2008 a été présentée comme étant le Best Of de ces cinq dernières années. Tout sera mis en place pour garantir la réussite du Timitar qui s’étalera sur 6 jours, du 1er au 6 Juillet, à travers trois scènes, une programmation riche, une représentation théâtrale, une conférence et un colloque…

Les Scènes :
La Place Al Amal, encerclée par le Boulevard Hassan II et le Boulevard Mohamed V et longée par le Boulevard du Prince Héritier, peut accueillir jusqu’à 80.000 personnes, avec un record estimé à plus de 120.000 personnes lors de la représentation de Cheb Mami en 2006. Une chance pour les amateurs des représentations spectaculaires qui complique néanmoins la tâche de la sûreté nationale qui devra assurer efficacement la sécurité des festivaliers.
La Place Bijaouane, longtemps inutilisable en dehors de quelques rares événements, s’est trouvée une vocation à travers le Timitar qui exploite pleinement ses 30.000 places.
Le Théâtre de Verdure vis une seconde jeunesse avec le festival gadiri qui compte encourager les amateurs de bonne musique à remplir ses 3.000 sièges.
Les Artistes :
La liste des artistes invités au Timitar 2008 s’annonce très longue, très riche et très variée ! Il s’agit bel et bien d’un Best Of qui regroupera les musiciens les plus talentueux à avoir foulé les planches d’Agadir.
Dans le registre de la Word Music et des noms retentissant au niveau national et international seront présents Youssou N’Dour (dont nous avions déploré l’absence l’année dernière), Lamchaheb, Idir, Marcel Khalife, Alpha Blondy, Izenzaren, Rokia Traoré, Najat Aatabou, Ziskakan, Cheb Khaled, Takfarinas, Oulad el Bouazzaoui et Salif Keita.
Pour les artistes de la relève, nous comptons les groupes Maalesh et Etran Finatawa, ainsi que les artistes marquants de la scène alternative marocaine dont Amarg Fusion, Darga, Fèz City Clan, Rap 2 Bleb…

La musique Amazigh aura son mot à dire avec une belle sélection de grands Rwaïss et de figures emblématiques de la scène musicale régionale avec la présence de Fatima Tabaamrant, Outajajt, Lahoucine Amarakchi, Moulay Ahmed Ihihi, Fatima Tihihit et Haj Amentag.
Le répertoire de Tamwayt (Moyen Atlas marocain) sera également très bien représenté par Cherifa et Ahouzar.
La nouvelle musique traditionnelle sera représentée par : Imghrane, Oudaden, Tarragt, Azenkd, Toudart, Lahoucine Aït Baamrane et Aït Laati, au côté du métissage culturel d’artistes issus de l’immigration tels que Chalaban, Raïss Tijani, Walid Mimoun, Yuba et Mehdi Haddab & the Speed Caravan.
Les musiques actuelles internationales tel que le Hip-hop (DAM, Didier Awadi et son groupe Présidents d’Afrique) ou l’Electro (Zong et Nortec Collective) seront présents, avec les habituels Deejays et Veejays : Dj Big Buddha, Ishtar, Dj Bindi, Mps Pilot, Badr Eddine, Mixape, Dj Key et Dj Saïf, en compagnie des VJ Dennis Dezenn, Kiss Dub et Rays.

Productions Musicales :
Le Festival Timitar participe cette année avec AKWA Group et Platinium à la production du nouvel album du groupe Amarg Fusion (Ali Faiq, Foulane Bouhcine, Abderahim Moustain, Rahal Bouaddi, Jamal Oussfi et Mounir Kaddouril).
Le Festival soutient également, au côté de l’Institut Français d’Agadir, la création du collectif Rap 2 Bled constitué de Style Souss, Storm, Soukaina, El Marequin et Rass Derb.

Conférence Mohamed Khair-Eddine en marge du Timitar :
Mohamed Khair-Eddine (1941-1995), natif de Tafraout, ayant transité par Agadir et Casablanca avant de s’exiler à Paris est l’un des auteurs marocains les plus controversés de son vivant, et des plus acclamé actuellement.
Ebranlant la pensée et les dogmes marocaines par ses écrits influencés par les événements de Mai 68 et par ses errances en France, Mohamed Khair-Eddine anime des émissions radiophoniques nocturnes pour France Culture, multiplie les collaborations dans des revues spécialisées et côtoie les grands penseurs de son époque : Malraux, Sartre, Beckett, Senghor, Césaire, Damas…

Une création théâtrale et musicale franco-marocaine intitulée : “Fragments matériels d’une vie d’errance…” adaptée de l’œuvre de Khair-Eddine sera présentée au public du Théâtre de la Verdure en partenariat entre les Associations AFAK Sud établie à Agadir, Med Inspiration venue de Strasbourg et le Festival Timitar.
Un colloque se tiendra à la Salle de la Wilaya : “L’œuvre de Mohamed Khair-Eddine : Forme et contenu, exil, spécificité et universalité” en partenariat avec le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME).
Rencontre des professionnels des Musiques du Monde :
Une rencontre qui réunira les professionnels des Musiques du Monde à l’Institut Français d’Agadir traitera de la question de la “Circulation des artistes entre les deux rives du Sahara et de la Méditerranée“, profitant de la notoriété acquise par le Festival Timitar et de la situation géographique du Maroc entre l’Europe et l’Afrique Subsaharienne.
Les artistes amazighs n’ont jamais aussi bien accueillie les musiques du monde que lors de cette cinquième édition !
L’agriculture qui représente 16% du PIB national est un secteur clé de l’économie marocaine, employant 40% de la population active et 80% de la population rurale.
La compétitivité limitée des produits marocains, le faible rendement des exploitations céréalières et le déficit hydrique qui se fait durement ressentir oblige les officiels à tirer la sonnette d’alarme. A titre d’exemple, le déficit hydrique de la région Souss-Massa-Draâ est de l’ordre de 260 millions de mètres cubes avec une nappe phréatique sujette à un rabattement très inquiétant.
Poussé par les premiers signes d’une grave pénurie en eau, l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II organise un atelier méditerranéen sur les nouvelles technologies de recyclage des eaux non conventionnelles dans les cultures protégées.
Atelier sur le recyclage des eaux non conventionnelles :
Une rencontre sous le signe du partage et de l’échange d’expérience et d’expertise dans le domaine de la gestion de l’eau se tiendra du 28 Avril au 1er Mai 2008, sous l’égide de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, en collaboration avec l’Union Européenne.

Plusieurs nationalités y seront représentées, dont les pays du bassin méditerranéen, certains pays européens (Allemagne, Belgique…) et de nombreux organismes internationaux : ICARDA (International Center for Agricultural Research in the Dry Areas), CIHEAM (Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes), AWC (Arab Water Council)…
Les objectifs de l’atelier :
- Mettre en avant les innovations en matière de dessalement d’eau de mer et de traitements des eaux usées
- Discuter des techniques de collecte des eaux de pluie et de l’impact positif d’une telle pratique sur la protection des réserves hydriques
- Mettre la lumière sur la nouvelle génération de serres économiques avares en consommation d’eau
- Revoir le cadre politique ainsi que les aspects institutionnels de la gestion de l’eau
- Proposer des Etudes de Cas…
Cette initiative fort louable est à imputer à l’Institut Hassan II, tout comme les messages forts envoyés par le Ministre de l’Agriculture lors du SIAM à Meknes.
Le Salon International de l’Agriculture au Maroc :
Le SIAM (du 23 au 28 Avril) est une vitrine qui expose aux 25 pays présents et aux 400.000 visiteurs attendus les atouts du Maroc en terme d’investissement et d’opportunités.

En plus d’être un espace de rencontre entre les entreprises nationales et d’éventuels partenaires internationaux, le SIAM espère insuffler une nouvelle dynamique au secteur agricole, en faisant face aux problèmes enclavant son développement et en relevant tous les défis d’émergence.
Motivé par la présence royale, M. Aziz Akhennouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime propose un long exposé sur la situation actuelle, que les journalistes qualifient de “message fort“, ainsi que son Plan Maroc Vert, détaillé, ambitieux, osé et onéreux, mais qui a le mérite d’être complet.
L’Agriculture marocaine : Vitale mais essoufflée
La précarité du secteur agricole marocain est loin d’être rassurante. Le Maroc dépend énormément d’une agriculture qui elle-même dépend des précipitations. L’adage est connu : bonne saison de pluie, année faste pour l’économie du Royaume.

Le rendement des exploitations est généralement faible, avec les trois quarts des terres agricoles ne dépassant par les 5 ha et une focalisation sur les céréales. Ajoutez à cela la rareté des ressources hydriques, et vous obtiendrez une faible représentabilité des produits marocains sur les marchés internationaux (mis à part quelques agrumes et primeurs), une situation peu enviable des petits agriculteurs, et une campagne beaucoup plus pauvre que la ville.
Le “Plan Maroc Vert” de M. Akhennouch :
M. Akhennouch profite de la présence du Roi pour marquer le pas et proposer un discours novateur. Son plan très bien ficelé, son argumentaire parfait et ses expressions choisies judicieusement séduisent la présence, allant des autres porteurs de portefeuilles ministériels aux technocrates purs et durs.
La mission de M. le Ministre n’était pourtant pas des plus aisées, puisqu’il ne demandait pas moins de 50 Milliards de Dirhams débloqués par les caisses de l’Etat, et un financement annuel à hauteur de 10 Milliards de Dirhams sur 10 années.
L’Etat devra en plus de cela libérer du foncier pour le proposer aux investisseurs (Terres Habous, Terres Collectives, Domaines…), et nous parlons là de quelques 700.000 ha ! Le Fond Hassan II mettra également la main à la poche, au côté d’un important démarchage international qui sera bientôt entrepris.
Le Maroc pourrait aisément séduire les investisseurs étrangers s’il sait bien se vendre, s’il étale tous ses atouts, s’il revoit la palette de ses productions et s’il met en avant sa nouvelle stratégie.
Mais la réussite du plan requiert également un suivi bancaire et une exécution forte, ainsi qu’une réforme institutionnelle. A cet effet, une agence nationale verra le jour pour mener à bien le projet et veiller au bon déroulement du Plan Maroc Vert.
Le plan touchera les deux classes d’exploitants en soutenant les plus petits (proposer des formations, les aider à se diversifier et lancer plusieurs centaines de projets sociaux dans les campagnes), et en orientant les investissements des plus grands pour leur assurer un développement durable.

Même la gestion de l’eau y passera, avec un projet de privatisation que Nareva, filiale de l’ONA, semble la plus proche d’empocher. Elle devra en contrepartie honorer ses engagements et effectuer plusieurs ouvrages et installations qui garantiront une distribution qui correspond le mieux aux besoins des différentes régions du Royaume.
De notre côté nous espérons que l’atelier d’Agadir portera ses fruits et permettra de lutter efficacement contre la désertification et l’exploitation hydrique irrationnelles.