Nous avions inclus dans Les grands chantiers d’Agadir, article précédemment publié sur Agadir Souss, les travaux d’aménagement de la Nouvelle Corniche d’Agadir. Nous y revenons plus en détails…
Encadré par un cabinet d’architectes des Îles Canaries, le projet s’inspire de la grande expérience de notre voisin – et géant touristique – outre-atlantique, dans le cadre de la coopération qui uni les deux régions. La finalité première de ce projet d’envergure est de relier la Promenade Tawada à l’autre côté de la baie, longeant ainsi des hôtels jusque là exclus.

D’une longueur de 5km, ce nouvel espace dédié exclusivement aux amoureux de la marche deviendra l’un des fleurons du tourisme gadiri et promet d’embellir l’une des plus belles plages du monde.
L’attention portée au projet qui tient à cœur les habitants de la ville et les responsables communaux est grande, même du côté des hôteliers dont la saison touristique est en jeu. Le respect du planning par les entreprises est pour le moins rassurant. La fin des gros œuvres est donc prévue pour le début de l’Eté 2008, et l’ouverture officielle pour le début de l’année 2009.
La priorité sera bientôt donnée à l’équipement complet des premières tranches en éclairage, suivi des opérations de revêtement et de plantation, et accompagné de l’installation du nouveau mobilier urbain de la ville griffé Hicham Lahlou.

L’enveloppe budgétaire du projet s’élève à 240 millions de Dirhams pour un projet qui vise en parallèle à redonner un petit coup de jeune à la Promenade Tawada, sujet qui n’est apparemment plus d’actualité.
Malgré le professionnalisme des acteurs touristiques et communaux de la ville, beaucoup de gens regrettent la disparition subite du très bon restaurant La Voile Rouge. Les hôteliers se lamentent des désagréments imposés à leurs clients (bruit des véhicules de chantiers, vue gâchée par des travaux de très grande envergure…) depuis plusieurs mois et les opérateurs vont jusqu’à se poser de sérieuses questions sur l’avenir des concessions sur la plage. Les transats et les parasols sur le front de mer qui faisaient le bonheur des touristes ne sont plus disponibles et il faudra y remédier, au-delà de la solution temporaire proposée par la commune. Mais nous savons d’ores et déjà que la priorité sera donnée aux hôtels (affectation de carrés de plage) et aux restaurants qui verront le jour entre le Club Méditerranée et le Beach Club… En espérant que les solutions futures seront toujours équitables.

Quoiqu’il en soit, Agadir est dans une spirale positive que nous espérons durera très longtemps !
Peu après le séisme de 1960, le projet de reconstruction de la ville d’Agadir verra le jour sous l’impulsion royale et porté par la volonté des sinistrés de tourner cette page douloureuse d’histoire. Le centre de la Nouvelle Ville siègera à 3 kilomètres au sud de l’ancienne Médina avec des artères parallèles, une nouvelle vision architecturale, et le plan urbain d’une petite cité balnéaire.
Certains bâtiments antérieurs au tremblement de terre donnent à des sites mal exploités par les professionnels du tourisme une petite touche historique. Nous en avions fait un tour d’horizon dans cet article : Agadir, 48 ans après…
Agadir restera longtemps une petite ville touristique connu pour son calme, son port de pêche et ses productions agricoles. Feu Hassan II en fera la capitale économique du sud après l’indexation du Sahara au territoire marocain, mais la ville ne connaîtra son boom actuel qu’avec la ferme intention de Sa Majesté Mohammed VI d’en faire un aimant à investisseurs et hôteliers.

Depuis, Agadir est un chantier constant avec des aménagements touchant sa voirie, ses grands équipements, son esthétique et l’amélioration du cadre de vie de ses habitants.
Des avenues rajeunies :
L’expansion qu’a connue Agadir ces dernières années n’était pas prévue, et les principales avenues de la ville en témoignent bel et bien. Après avoir grignoté bien des trottoirs pour fluidifier la circulation, la municipalité s’est occupée du réaménagement des voies les plus fréquentées (Mohamed V, 20 Août, Cheikh Saâdi, Al Mouqaouama) en élargissant certaines, en revoyant leur éclairage, et en aménageant de nouveaux passages piétons.

L’axe Agadir-Bensergaou s’est vu offrir une seconde jeunesse avec une voie élargie, une piste cyclable ressuscitée, et des bords de route reboisés. Tout comme les quartiers périphériques de Aït Taoukt, Tikiouine et Anza qui suscitent l’intérêt des dissidents de la ville.
Les grands équipements :
Qui dit grands équipements, dit Souk Al Had, décharge publique et gare routière.
La bête noire de la commune d’Agadir a toujours été sa décharge publique. Chaque nouveau terrain de décharge s’avérait plus onéreux que son prédécesseur, situé à un emplacement inapproprié, donc rapidement rattrapé par l’urbanisation, et avec des répercussions écologiques désastreuses.

Le site de Bikarane qui sera bientôt abandonné est la preuve éloquente d’une gestion pitoyable du bien public. Il sera fort heureusement réhabilité par le conseil communal qui sécurisera la décharge contre le feu et les explosions (accidentels ou criminels) causées principalement par les émanations de méthanes. La zone sera ensuite nettoyée et replantée pour une meilleure insertion paysagère.
Dans le cadre d’une convention intercommunale regroupant 8 communes du Grand Agadir (Agadir, Inezgane, Aït Melloul, Dcheira, Drarga, Aourir, Laqliâa et Temsia), le projet d’une décharge publique contrôlée est sur de très bonnes voies.

Outre l’exploitation d’un nouveau site en tenant compte des impacts environnementaux, qui seront aux dires des responsables communaux “limités”, la gestion de cette nouvelle décharge reviendra à un organisme privé spécialiste du domaine pour une durée de 10 ans.
L’ouverture de la nouvelle gare routière sonne le glas d’une époque où le quartier de Talborjt était squatté par les pots d’échappement des autocars et les voyageurs en transit. Cette déportation n’a pas fait que des heureux mais promet une nouvelle jeunesse au Down Town gadiri.

Et non loin de là, le Souk arbore sa nouvelle charpente métallique et son réseau d’incendie si vital. Tout le monde se rappelle des dégâts infligés maintes fois dans le passé aux commerçants non assurés…

L’embellissement de la ville :
Dans le cadre du dynamisme qui la caractérise, la ville d’Agadir s’est payé les services du designer et architecte Hicham Lahlou pour avoir sa nouvelle identité visuelle à travers un logo représentant la baie, la montagne, le soleil, la modernité et la tradition, ainsi qu’un mobilier urbain mis en place petit à petit (luminaires, kiosques, bancs publics…)

La “nouvelle corniche” dont tout le monde parle joindra très prochainement la Promenade Tawada et sa Marina au front de mer, à l’autre côté de la baie, offrant aux amoureux de la marche à pied 5 kilomètres de plus pour rallier Agadir Oufella à Oued Souss. Le premier tronçon est en phase de finalisation tandis que le deuxième est prévu pour cette année.
Les espaces verts occupent une place de plus en plus importante au niveau du plan urbain avec des réaménagements qui touchent Anza, le Centre-ville, El Houda… sans oublier les bordures de routes et les squares qui visent à embellir la ville et la rendre plus conviviale.

La Casbah d’Agadir Oufella a été complètement anéantie par le tremblement de terre de 1960. Reconstruite partiellement au fil des années, c’est aujourd’hui le site le plus visité de la ville. Ce qui encourage les acteurs communaux à entreprendre un projet de réhabilitation en finalisant l’aménagement de la route d’accès, des chemins pédestres et de l’éclairage, en restaurant les murailles, en régénérant la flore du site qui compte plusieurs espèces endémiques, et en entamant des fouilles archéologiques en collaboration avec la Faculté des Lettres d’Agadir.

L’amélioration du cadre de vie des habitants :
Parmi les initiatives entreprises par le conseil communal pour participer à l’évolution du champ socioculturel de la ville, et après une réflexion auprès d’universitaires, d’associations et d’artistes, le concept de Maison de Quartier voit le jour.
L’objectif premier de ces établissements dont certains sont déjà opérationnels (El Houda, Zaitoune) tandis que d’autres le seront très prochainement (Ibn Zaydoun, Fidia et Salam) est de fournir aux habitants un espace pour diverses activités (sport, théâtre, arts plastiques…) tout en leur inculquant une culture de partage et d’intérêt collectif.
Ces réformes touchent également les équipements sportifs de la ville avec la remise à niveau des espaces sportifs existants et la construction de nouveaux terrains de sport pour les jeunes.

Dans ce cadre, la ville d’Agadir tente de se “réapproprier” le terrain non viabilisé et mal fréquenté longeant Talborjt 2 à travers le projet Espace Ibn Zaydoun (terrains de sports, Maison de Quartier, parc pour enfants, parking et espaces verts).
Les chantiers entrepris à Agadir ne se limitent pas à cette liste loin d’être exhaustive, et touchent divers niveaux de la société. Mais il faut garder à l’esprit qu’il reste encore beaucoup à faire et que sans l’investissement de tous les acteurs de la ville, des responsables jusqu’aux citoyens, le développement d’Agadir et sa région ne sera jamais à la hauteur de nos attentes.
D’après un mensuel marocain dédié à l’immobilier, et au vu des chiffres et du dynamisme d’un secteur qui connaît une croissance effrénée, il est clair que le sentiment général est à l’optimisme. L’éditorialiste se permet même un brin d’humour en ironisant que même si la pluie se fait souvent attendre, un déluge de pétrodollars s’abat toute l’année sur le Maroc.
Pour 2007, les investissements venus des pays du Golfe sont estimés à près d’Un Milliard de Dollars. Les Euros espagnoles et français atteignent la barre des 2 Milliards. La destination Agadir renaît après quelques saisons de vaches maigres et se retrouve saturée en Eté. Le réaménagement de la Corniche d’Agadir qui refaçonnera à terme l’image de la ville, l’ouverture de La Marina et l’inauguration (par Tikida) d’un Palace au Golf du Soleil prouvent toutes les potentialités dont dispose la Perle du Souss.
Tikida Hotels Groupe suit donc cette tendance et surfe ce boom touristique et immobilier en lançant son tout dernier projet de construction.
Le terrain sablonneux et recouvert d’eucalyptus qui servait de paysage aux clients du restaurant La Scala n’est plus ! Une barricade métallisée de plus de deux mètres de haut tente de dissimuler un chantier où les ouvriers s’attellent à la tâche. Des véhiculent sillonnent l’ancien parc sauvage et le béton coule à flot. Sur les fondations de l’ancien Hôtel Oumnia se dresseront quelques 400 chambres pour un coût global atteignant les 400 Millions de Dirhams. (Source : L’Economiste)
Baptisé Hotel Riu Tikida Palace, l’établissement se positionnera sur un marché encore peu exploité à Agadir, l’hôtellerie de grand luxe. A quelques dizaines de mètres du Dorint Atlantic Palace, au passage devenu “hôtel 5 étoiles” tout court, le palace du groupe Tikida visera la clientèle des “5 étoiles Luxe”. Ceci obligera entre autres ses concurrents à innover et sûrement à surenchérir, au grand plaisir des clients bien sûr !
L’imposante façade, les hauts palmiers, l’architecture mauresque et l’expérience du Groupe Riu et celle des dirigeants de Tikida (M. Guy Marrache et M. Ahmed Benabbès Taarji) laissent - logiquement - présager un franc succès dès l’ouverture prévue avant l’Eté 2009.