Les marocains ont célébré le 5 avril dernier le 1200ème Anniversaire de la Fondation de la Ville de Fès, commémorant ainsi 12 siècles d’Histoire du Royaume.

L’Histoire du Maroc ne saurait être résumée en juste 1200 ans, puisque les premières activités humaines y remontent à plus de 700 000 ans ! Depuis la préhistoire jusqu’à la naissance du Christ, il y a eu l’arrivée des premiers ancêtres des populations berbères actuelles, vers les 9000 ans avant J.-C, l’installation des premiers comptoirs commerciaux sur les côtes marocaines par les Phéniciens, la fondation de la première structure politique du pays (Royaume de Maurétanie), puis son annexion par les Romains, la présence de l’Empire Byzantin

Carte Empire Romain
Carte Empire Romain – Crédits : User:Jrockley / User:Kasper Holl

L’arrivée des Arabes vers la moitié du 7ème siècle marque néanmoins un tournant dans l’histoire du pays, puisque la conquête arabo-musulmane de l’Occident profite de la conversion massive des populations berbères à l’Islam qui l’adoptent rapidement en tant qu’unique religion.

Après plusieurs décennies sous le drapeau Omeyyade, Al Maghrib Al Aqsa (Extrême Occident) sombre dans l’anarchie avec la chute de Damas entre les mains des Abbasides en l’an 750.

Les Abbasides, connus pour leur radicalisme quant à l’élimination de leurs adversaires politiques, dont les Alaouites, entreprennent nombres de massacres visant les princes arabes. L’un d’eux fuit les environs de la Mecque en compagnie de Rached Ben Morched El Koreichi pour se réfugier dans le Moyen Atlas marocain au sein de la tribu berbère d’Awraba. Il se marie à Kenza d’origine berbère, devient Imam et chef religieux avant de fonder la ville de Fès sous le nom de Idriss I. Il meurt empoisonné par un émissaire de Haroune Al-Rachid, et son fils reprend le pouvoir onze années plus tard en construisant la ville de Fès “Al-Aliya” de l’autre côté de la rive, avec mosquée, palais et marché.

Carte Expansion Musulmane en Occident
Carte Expansion Musulmane en Occident – Crédits : United States of America federal government

En 1200 ans, Fès devient la capitale culturelle, intellectuelle et spirituelle du Royaume, fière de son université Al-Quaraouiyine datant du 9ème siècle – la plus ancienne du monde, de ses fontaines, de ses salles d’ablutions, de ses Madarisse

Fès est également connue pour ses tanneries, sa musique arabo-andalouse, ses spécialités culinaires, ses femmes raffinées, son Festival des Musiques Sacrées, son climat méditerranéen fortement mâtiné de continentalité, ses familles nobles et l’accent typique de ses habitants.

Photo Panoramique de Fès
Photo Panoramique de Fès – Crédits : Rux

Pour redorer le blason d’une ville qui a longtemps souffert d’enclavement, de pauvreté et d’incapacité à suivre l’évolution économique du pays, un ensemble de manifestations ont été organisées sur tout le territoire national pour célébrer tant d’histoire et de richesse, à travers plusieurs villes du Royaume (Fès, Meknes, Marrakech, Agadir, Dakhla…) pour une enveloppe budgétaire se chiffrant en centaines de millions de dirhams (financement public et privé via sponsoring).

Au programme, une soirée musicale résumant les 12 siècles de l’Histoire du Maroc devant les remparts de la Place Bab Boujloud, agrémentée de feux d’artifices et de projections vidéo sur l’imposante muraille ocre. Plusieurs personnalités imminentes marocaines et étrangères y étaient présentes, et c’est Son Altesse Royale Le Prince Moulay Rachid qui en donna le coup d’envoi.

Bab Boujloud, Fes
Bab Boujloud – Crédits : Fabos

Une caravane sillonnera également les 16 régions du Maroc pour relater l’Histoire du Maroc et inculquer aux jeunes un nationalisme d’un autre genre, tout en valorisant le patrimoine culturel de chaque région.

Un “Marathon de l’Histoire” dont le coup d’envoi sera donné par l’ancien athlète international Hicham El Guerrouj traversera 16 villes pour créer une réelle communion entre chacune des régions marocaines.

Un hommage télévisé titré “C’est mon histoire” fera le portrait de 60 personnalités ayant marqué l’Histoire du Maroc et 60 jeunes espoirs symbolisant civisme et engagement.

Selon l’Association pour le 1200ème Anniversaire de la Fondation de Fès :
« Ce travail vise, en premier, à travers des activités ludiques et festives, à transmettre des messages faciles à comprendre, notamment pour les jeunes… ».

En d’autres termes, le but premier de cette commémoration est de mettre en avant la symbiose entre nos influences européennes, nos origines amazighes et notre culture arabo-musulmane.

Depuis quelques semaines, le litige entre l’architecte et paysagiste Coco Polizzi et les artisans de la Médina d’Agadir fait couler beaucoup d’encre dans la presse nationale. L’affaire, qui est bien plus complexe qu’un simple sabotage de la part des artisans ou de l’exploitation abusive de M. Polizzi, peine aujourd’hui encore à trouver une sortie favorable pour les deux partis.

A l’origine du litige, le projet ambitieux de construction d’un village artisanal et culturel sur un terrain de 4 hectares et demi de verdure et de dunes et dont les travaux débutent en 1992. Le village, au passage entouré d’une muraille, compte dans son enceinte des ateliers représentatifs de la richesse artisanale du pays, des points de restauration, un établissement hôtelier, un hammam, une galerie d’art, un musée…

Medina Agadir 01

Le terrain situé sur la Commune de Bensergao fait partie du domaine forestier de l’Etat et ne peut être sujet à des spéculations immobilières. Le titre d’occupation temporaire concédé à M. Polizzi par arrêté du Ministère de l’Agriculture ne lui donne aucunement le droit de conclure des baux commerciaux ni de concéder à quiconque un droit de propriété commerciale dans l’enceinte de la Médina. Il ne peut donc conclure avec les artisans que des conventions à durée déterminée. Et c’est là que le bât blesse…

Dans la convention signée entre M. Polizzi et les artisans, il est clairement stipulé que la durée d’occupation ne peut excéder 3 mois fermes, mais renouvelables si Coco Polizzi le juge utile. Les artisans refusent de fléchir tant que cette clause restera inchangée, et estiment que le “propriétaire des lieux” adopte à leur égard le comportement d’un “employeur” et non d’un “partenaire”.

Medina Agadir 02

L’affaire a été portée devant les tribunaux et la sentence tarde à tomber. Et sur le terrain, le bras de fer entre M. Polizzi qui a fermé les portes de sa Médina et les artisans qui organisent un sit-in depuis plusieurs mois à l’entrée du site, ampute la ville d’un lieu touristique très apprécié.

A quand les pourparlers puis l’accord à l’amiable ? Espérons-le pour bientôt !

Crédits Photos : www.medinapolizzi.com

Cette année sera bissextile et la ville d’Agadir y commémorera le 48ème anniversaire depuis le séisme qui l’avait anéanti le 29 Février 1960.

Le cataclysme qui fit plus de trente mille victimes entre morts et blessés changea inéluctablement le visage de la ville, longtemps habitée par les européens (touristes et intellectuels) et par les natifs amazighs qui se cantonnaient dans leur vieille Médina en haut de la colline.

Casbah Agadir Oufella avant 1960

Les habitations front sur mer, symboliques de la station balnéaire, furent longtemps proscrites des plans urbains, et les survivants furent contrains de s’installer sur les plaines se trouvant à trois kilomètres au Sud de la ville sinistrée.

Hotel Mauritania - Agadir

Certaines constructions antérieures au séisme de 1960, devenues entre temps monuments historiques, subsistent aujourd’hui encore et véhiculent l’image d’une époque révolue, d’une Agadir qui est passée de la petite bourgade mignonnette à la grande métropole urbaine.

A travers le reportage qui suivra, nous reviendrons sur l’histoire de plusieurs de ces bâtiments et sur leur état actuel. Certains sont tombés dans l’oubli tandis que d’autres font face aux aléas du temps.

Nous vous proposons également le programme des activités culturelles et religieuses pour la mémoire des sinistrés du séisme d’Agadir, organisées par l’Association Agadir Oufella durant les journées du 29 Février, 1er et 2 Mars 2008 au site de la Casbah d’Agadir Oufella.

Une rencontre sous le signe du recueillement se tiendra donc le Vendredi 29 Février à partir de 15h, avec l’ouverture par la lecture du Saint Coran et la clôture avec des prières à l’âme des sinistrés d’Agadir. Suivra une tournée de reconnaissance autour de la Casbah et une fête musicale avec la participation de plusieurs troupes populaires.

Des journées culturelles se tiendront le Samedi et le Dimanche 1er et 2 Mars et proposeront une exposition de photographies et de documents historiques relative au séisme de 1960, comme des vidéos d’époques, des livres et des documentaires historiques, l’écoute des témoignages des rescapés de la Casbah et des excursions animées par des exposés sur les vestiges du site.

Bonnes Découvertes à tous !

  

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