La culture amazighe était à l’honneur ce vendredi avec la montée sur scène de l’Ensemble Houara, Fatima Titrit et Djur Djura, les deux derniers chantant respectivement en Tachelhit (dialecte berbère du sud marocain) et en Kabyle (dialecte des berbères algériens). Fatima Titrit, dont le nom –au passage très poétique– signifie “étoile”, offrait une jolie prestation, chose que saura utiliser Djur,la chanteuse algérienne aux multiples talents (écriture, cinéma, musique) accompagnée de ses “Princesses” pour retenir encore plus l’attention d’un public effervescent. Elles clorent le spectacle avec danses du ventre et ce même public qui criait en chœur «Imazighen !».

Fatima Titrit :

Djur Djura :

Natacha Atlas (”Mon Amie La Rose“), suivie de Saïda Charaf, la belle sahraouie native de Laâyoune au répertoire plus raffiné que varié, préparaient l’entrée de Fatima Tabaâmrant, véritable phénomène de la musique amazigh. Connue pour ses écrits intenses et son combat pour la défense des droits de la femme, de la culture amazigh ou de la langue berbère, elle possède un charisme qui lui est propre !

De l’autre côté et sur la scène Bijaouane, Khalid Izri, Tumi and the Volume venus d’Afrique du Sud et Style Souss (le groupe gadiri) proposaient de belles performances, mais ce que les jeunes venus en dizaines de milliers attendaient impatiemment, c’est évidemment Bigg Al Khasser ! Avec ses paroles crues, ses sujets chauds et ses instrumentaux Hip-hop, tout le monde répétait ses chansons, mimait sa gestuelle et grognait un NON à toutes les formes d’injustice sociale. « Mgharba Tal Mout » reste une invitation au patriotisme fort louable, même si la forme ne fait pas l’unanimité…

Les entractes étaient animés par DJ Hicham from Agadir accompagné de VJ Kissdub. Hicham, tu as fais honneur à ta ville ;)


Ma conquête des scènes où les plus grands Gnaouis confrontent leurs sonorités arabo-africaines aux musiques du monde, des 450.000 visiteurs de l’année dernière et des 190 kilomètres séparant Essaouira d’Agadir, commence ce 18 juin. En trouvant des places libres sur un véhicule de la CTM la veille du premier jour du Festival, je m’extasie de joie puisque cette année je n’aurais pas à supporter un trajet sur un autocar qui part en miettes à chaque virage un tantinet serré ! Mais cela laisse à penser que cette édition, la dixième pourtant, ne connaitra pas l’affluence d’antan, ce qui pourtant n’est pas si mal.

En prenant en considération les inquiétudes des organisateurs durant les trois dernières années quant à l’éventualité de voir le nombre de visiteurs augmenter encore plus, un programme en milieu de semaine et l’annulation du dimanche semblent être les seules alternatives qui s’offrent pour éviter le pic du week-end où le nombre des habitants de la ville devient ridicule face à celui des étrangers de passage…

Dans tous les cas, restez à l’écoute (là, je me prends pour un animateur radio) puisque je serais là pour vous rapporter quotidiennement l’ambiance du Festival en mots, en sons, en images et en vidéos !

  

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